Le bureau du Fonds mondial pour la nature, WWF-Afrique du Nord organise aujourd’hui, en collaboration avec le Centre international pour les technologies de l’environnement de Tunis, le Citet, la première table ronde avec le secteur privé sur la biodiversité : un défi, mais aussi une ressource et une opportunité pour le développement économique ». 

L’objectif général de cette table ronde est de poursuivre le dialogue avec les acteurs clés du projet en invitant cette fois le secteur privé à débattre des opportunités liées à l’incorporation de bonnes pratiques d’atténuation et d’approches favorisant la gestion et l’utilisation durable des écosystèmes et de leurs services (tant par les entreprises qu’en coopération avec d’autres parties prenantes).

Plus spécifiquement, cette table ronde vise à amorcer des réflexions collectives sur les enjeux “entreprises et biodiversité” au niveau national, de poursuivre le dialogue avec les acteurs clés du projet sur les enjeux et les opportunités liées à l’intégration de la biodiversité en favorisant le partage de connaissances et de bonnes pratiques, de présenter des expériences  du secteur privé relatives à des engagements en faveur de la biodiversité et de débattre des opportunités liées à l’incorporation de bonnes pratiques d’atténuation et d’approches favorisant la gestion et l’utilisation durable des écosystèmes et de leurs services.

Les résultats attendus de cette table ronde portent sur l’enclenchement d’un dialogue multipartite en faveur de la biodiversité pour des secteur clés de l’économie tunisienne, renforcer la prise de conscience accrue des enjeux liés à la conservation de la biodiversité et des opportunités de sa prise en compte par les entreprises, ainsi que le partage des connaissances, des expériences et des bonnes pratiques favorisant la gestion et l’utilisation durable des écosystèmes et de leurs services par les entreprises en Tunisie sont partagées.

Un diagnostic alarmant

En mai 2019, le rapport de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes) confirmait un diagnostic alarmant sur la dégradation de la biodiversité mondiale et des services écosystémiques qui s’aggravent à un rythme inquiétant. Plus récemment, le Living Planet Report 2020 du WWF indiquait que la biodiversité de notre planète disparaît à un rythme effarant. Les chiffres sont là, accablants. Selon l’IPV (Indice Planète Vivante), entre 1970 et 2016, la taille moyenne des populations des vertébrés sauvages a décliné de 68%. Autrement dit, en moins d’un demi-siècle, les effectifs de plus de 20 000 populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons ont chuté des deux tiers ! En cause, la destruction de l’environnement, comme la déforestation, l’agriculture non soutenable et le commerce illégal d’espèces sauvages. La perte de biodiversité et des services écosystémiques affecte aujourd’hui 3,2 milliards de personnes à travers le monde, et aux impacts sur le bien-être et la santé des populations humaines s’ajoute un impact indéniable sur l’économie mondiale. Le projet Biodev 2030 est financé par l’AFD, coordonné par Expertise-France et mis en œuvre conjointement par Expertise-France, l’Uicn (Union internationale pour la conservation de la nature) et le WWF France (World Wide Fund for Nature). Il s’inscrit au cœur d’un ensemble de dispositifs stratégiques visant à redéfinir les liens entre les sociétés et les ressources naturelles pour l’agenda Post-2020. Cet objectif et cette vision sont portés par de nombreux Etats, acteurs du secteur privé et de la société civile avec une claire volonté de hisser la sauvegarde de la biodiversité pour le bien-être des générations futures en haut de l’agenda mondial, au même titre que le climat.

Il s’agit de faire sortir la biodiversité du monde restreint de la conservation et d’en faire un sujet de préoccupation pour tous les acteurs, avec des campagnes de sensibilisation, la participation à des forums et des ateliers. La mobilisation de tous pour la nature devrait, nous l’espérons, faciliter la tâche des négociateurs lors la prochaine Convention sur la diversité biologique pour la négociation d’objectifs ambitieux dont notre planète a besoin. En Tunisie, le projet a pour objectif principal de mieux prendre en compte la biodiversité dans les secteurs économiques stratégiques afin de réduire les pressions sur la nature dans la prochaine décennie post-2020. Le projet se déroule en 4 étapes : 1. Le diagnostic : sur la base d’études scientifiques et de diagnostics restitués aux acteurs, de premiers scénarios seront discutés et co-construits durant des ateliers et des consultations qui réuniront des acteurs publics et privés, ainsi que la société civile afin d’identifier deux secteurs prioritaires responsables du déclin de la biodiversité; 2. Les dialogues et les négociations multi-acteurs: durant des ateliers et des consultations qui réuniront les différentes parties prenantes de chacun des deux secteurs identifiés, des engagements sectoriels volontaires seront proposés et discutés dans la perspective de la 15e Conférence des parties de la CDB, CoP15-CDB (planifiée en octobre 2021) ; 3. L’intégration des engagements : cela passera par la rédaction de documents d’engagements officiels qui formaliseront l’accord des différents acteurs publics, privés et de la société civile dans le pays ; 4. L’appropriation des engagements : une fois les engagements formalisés, le projet accompagnera les acteurs clés dans l’appropriation des documents d’engagement et dans leur mise en œuvre jusqu’au mois de juin 2022.

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