L’endettement de la Tunisie a atteint un niveau élevé, soit 80% du PIB. La cote d’alarme est atteinte. Les ressources des crédits sont dépensées dans diverses rubriques dont celles qui concernent la masse salariale, le budget de fonctionnement et de gestion des ministères et des entreprises publiques sous tutelle.

Une petite partie de ces ressources est mobilisée pour le développement. Ces crédits sont souvent contractés à des taux d’intérêt élevés auprès des bailleurs de fonds qui fixent ces taux en fonction de la crédibilité financière du pays demandeur. De plus, des recommandations sont formulées par ces banques pour mieux dépenser les ressources obtenues. L’accumulation des crédits conduit à un endettement élevé qui est supporté par les générations actuelles et futures.

Si certaines banques acceptent volontiers de rééchelonner ces dettes de la Tunisie, d’autres n’ont pas l’intention de le faire et exigent que le remboursement des crédits soit fait dans les délais impartis. D’autres pays, plus cléments, acceptent le recyclage des dettes dans des projets d’intérêt général comme, à titre d’exemple, les projets des énergies renouvelables, de l’environnement et de la solidarité. L’accumulation de l’endettement est très grave à plus d’un titre.

Un cercle vicieux

L’Etat est appelé, parfois, à contracter de nouveaux crédits pour pouvoir payer le service de la dette et se trouve ainsi dans un cercle vicieux. L’idéal serait de savoir gérer l’endettement en évitant dans la mesure du possible de recourir aux crédits et en comptant davantage sur les ressources nationales quitte à se diriger vers le système financier international.

D’ailleurs, le gouvernement a fait appel, à deux reprises, aux banques nationales pour contracter des crédits destinés au bouclage du budget de l’Etat. C’est que la marge de manœuvre du gouvernent sur le marché financier international est devenue de plus en plus maigre à tel point que l’Etat tunisien a besoin d’une garantie d’une puissance économique — comme ce fut le cas quand les Etats-Unis d’Amérique avaient prêté leur garantie afin de permettre à la Tunisie de s’ouvrir au  marché international — pour pouvoir demander un crédit d’un bailleur de fonds mondial.

La situation est ainsi très critique et il faut trouver d’autres moyens pour mobiliser plus de fonds pour le budget. Les fonds propres de l’Etat peuvent provenir par d’autres moyens, notamment les exportations et les investissements qui sont des moteurs encore en panne. Il est nécessaire de maîtriser davantage la masse salariale en Tunisie qui a connu un développement inquiétant. Le déficit budgétaire doit être maintenu à des proportions acceptables pour ne pas aggraver une situation devenue insoutenable de l’avis même du Fonds monétaire international et des agences de notation comme Moody’s.

La situation est urgente et il est impératif de trouver des solutions adéquates de nature à alléger l’endettement de la Tunisie. Un moment de réflexion doit être pris en vue de faire un audit sur les crédits obtenus et leur destination ainsi que sur les futurs emprunts prévus pour le financement du budget. Le redressement de l’économie nationale contribuerait certainement à équilibrer les finances publiques. D’où la nécessité de maîtriser la masse salariale, de lutter contre la fuite fiscale, de rationaliser les importations payées en devises  et de relancer les exportations et les investissements. C’est un défi que doit relever l’Etat tunisien au cours des années à venir tout en prévoyant des mesures d’accompagnement social et solidaire au profit des familles nécessiteuses et vulnérables.

Charger plus d'articles
Charger plus par Chokri GHARBI
Charger plus dans Supplément Economique

Laisser un commentaire