Quoi de plus contraignant ? Avec le déclin de la production nationale d’hydrocarbures, la situation s’est aggravée  ces dernières années par le départ progressif des majors du pétrole qui ont décidé de mettre en vente leurs actifs dans le pays. Un départ dû à des circonstances exceptionnelles, dans des années particulièrement troublées.

Face à un climat politique de plus en plus difficile et instable, la rigidité du pouvoir législatif, les grèves, les blocages anarchiques  de la production, ainsi que l’absence de rentabilité des petits gisements, qui ont conduit à un tarissement des investissements,  les grandes compagnies pétrolières de Tunisie, à l’instar de la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise, Shell, la société italienne Eni, celles britanniques,  Petrofac et Gulfsands Petroleum, craignant  pour leurs intérêts, ont cessé toute activité chez nous pour des raisons financières avec les chutes successives des cours du pétrole ces dernières années, contre des coûts de fonctionnement relativement élevés en Tunisie et d’un autre côté des retards devenus répétitifs de paiements de la partie tunisienne.

A cela s’ajoutent l’absence de vision stratégique pour le secteur, les problèmes sociaux et sécuritaires, devenus des menaces même pour l’intégrité des employés, activités et installations..

La fuite des sociétés pétrolières et l’opacité et l’incertitude plongent dans le désarroi les professionnels, car  «la Tunisie dispose d’un potentiel capable d’inverser complètement la tendance en quelques années»,  précise Hamed El Materi, ingénieur-expert en exploration et production pétrolières.

Cette situation ne peut que réduire la production nationale du pétrole et du gaz, aggraver le déficit énergétique et impacter sur l’économie tunisienne, au moment où le pays a plus que jamais besoin de toutes ses ressources.

Y a-t-il un « commandant à bord » pour arrêter ce naufrage, et faire redémarrer la «machine énergétique» du pays, avant la «panne sèche»?, s’interrogent les experts. Pour eux, ce départ annonce le début de la fin pour le secteur de l’exploration pétrolière en Tunisie, perçu désormais aujourd’hui, comme une menace réelle.

De l’avis de Ali Gaaya, consultant international en Géosciences Pétrolières, «ce qui est grave, c’est que l’on est en train d’hypothéquer l’avenir énergétique du pays, car l’on consomme nos réserves en pétrole et gaz, déjà bien limitées, sans possibilité de les renouveler, même en partie».

Rappelons que la production pétrolière continue sa dégringolade inéluctable moyennant environ 35.000 barils par jour  en 2019, réduite à 32 000 b/j en 2020, soit une diminution annuelle d’environ 8.5%, sachant que la production pétrolière a culminé à 118.000 b/j en 1980, et 80.000 b/j en 2010.

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