Héla Ayed confirme de plus en plus son talent d’actrice qui se trouve à l’aise dans des rôles très différents. Révélée par le feuilleton «Nouba»,
on la retrouve cette année avec «Ken ya Makanech» de Abdelhamid Bouchneq, ainsi que dans «13, Rue Garibaldi» d’Amine Chiboub. Entretien.

Dans «13, rue Garibaldi» on vous voit dans un autre registre très différent de celui de Wassila dans «Nouba»…

En fait, après deux ans dans la peau du même personnage de Wassila, j’ai eu la chance d’interpréter un autre rôle dans «13, Rue Garibaldi» même si je n’étais qu’une «guest» dans cet épisode, mais cela m’a donné l’occasion d’explorer autre chose avec un réalisateur que je ne connaissais pas, en l’occurrence Amine Chiboub. En fait, ma première motivation est d’interpréter  vraiment tous les registres.

Où est-ce que vous avez fait vos premiers pas dans l’acting ?

En réalité, j’ai commencé à El Teatro où je continue à évoluer. J’ai participé à la pièce «Manifestou essourour» de Taoufik Jebali pour l’ouverture de Hammamet, ensuite j’ai participé à la pièce de théâtre de Soumaya Bouallagui «Dernier Soupir» avant de mettre en scène ma propre pièce «La jeune fille et la mort» parce que j’ai compris, qu’à un moment donné, il faut entreprendre quelque chose.

Cette année, on vous voit dans le rôle de «Soumoum» dans le feuilleton «Ken ya Makanech» de Abdelhamid Bouchneq… Une reine maléfique…

En effet, j’ai vécu ce rôle comme un retour vers l’enfance et cela m’a fait un grand plaisir. Dans «Ken ya Makanech», je retrouve les repères des contes universels avec leurs rois et leurs reines maléfiques avec leurs sorcières et leurs personnages positifs qui luttent contre le mal. Mon jeu dans ce feuilleton est très différent de ce que j’ai fait jusque-là… Il est entre le jeu théâtral et le réalisme… C’était une vraie joie de faire ce rôle… Même du côté de la gestuelle…

Vous aimez rompre avec les rôles que vous avez déjà interprétés?

Absolument ! Jouer toujours dans le même registre serait un cauchemar pour moi… Je suis même prête à refuser des rôles qui se ressemblent… Je considère que la vie est trop courte pour y interpréter un seul personnage.  J’aimerais toujours vivre dans la peau d’un autre personnage dans un autre temps… Il m’arrive parfois de trouver dans le même rôle d’autres déclinaisons. J’ai appris à El Teatro, par exemple, que chaque comédien a son propre ADN… J’essaie d’exploiter cette conception des choses et je peux aussi varier les différentes manières d’exprimer un même sentiment. Le comédien doit entrer dans une certaine recherche pour se surprendre lui-même avant de surprendre les autres. Personnellement, j’aime me faire surprendre…

Où est-ce que vous puisez vos sources pour nourrir vos personnages ?

Dans ma sensibilité, bien entendu, mais il y a de tout… Je tire surtout cette inspiration du vécu et de toutes les expériences de la vie… Je suis une fille de militaire, ce qui m’a permis de vivre dans beaucoup d’endroits en Tunisie. Cette expérience m’a permis d’avoir le contact facile avec les gens.

On croit savoir que vous êtes en train de préparer un «One woman show»…

En effet, c’est un texte de Hana Trabelsi. Ce texte m’a donné l’idée de monter seule sur scène avec Soumaya Bouallegui pour la mise en scène. Ce texte parle du parcours d’une femme pendant les neuf mois de grossesse. Cela paraît banal, mais je me suis rendu compte que c’est un sujet assez tabou dans notre pays, car on n’en parle pas de cette manière que je trouve originale dans ce texte. Je ne suis pas à la recherche de grandes causes qui font parler tout le monde, mais  de ces petites histoires du quotidien, pleines de subtilités. Sinon je bouillonne d’idées que j’aimerais développer petit à petit.

Charger plus d'articles
Charger plus par Salem Trabelsi
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire