Les professionnels du secteur touristique et des activités annexes souffrent encore des effets néfastes de la Covid-19 et enregistrent un manque à gagner important. L’espoir est porté sur la haute saison pour voir la situation s’améliorer.

La situation du secteur touristique en Tunisie ne s’est pas améliorée suite aux effets néfastes de la Covid-19. En effet, de nombreux touristes préfèrent encore rester chez eux pour éviter une éventuelle contamination au virus. Même si les gouvernements des différents pays européens ont donné leur feu vert aux citoyens pour visiter des sites sûrs, ces derniers hésitent encore à voyager, préférant rester en confinement chez eux, le temps de voir la pandémie éradiquée. Ce comportement a eu des effets graves aussi bien sur le transport aérien que sur le tourisme et les activités connexes en Tunisie. Plusieurs professionnels opérant dans le secteur n’ont pas pu bénéficier des avantages mis à leur disposition par le gouvernement. Certains d’entre eux sont allés jusqu’à fermer les portes de leur établissement, alors que d’autres ont opté pour l’allégement de leur effectif.

Quoi qu’il en soit, le secteur subit encore les conséquences de la crise même si les professionnels, ambitieux, tablent sur une amélioration de la situation au cours de la prochaine haute saison touristique avec un retour massif des touristes de différentes nationalités. Certains hôteliers ont déjà commencé à aménager leur établissement en effectuant des travaux d’entretien en attendant l’arrivée des touristes au cours de l’été prochain. A noter que le secteur touristique est parmi ceux qui sont les plus endettés et qui souffrent d’un manque de liquidités, suite à cette crise qui se prolonge dans le temps.

Ainsi, les chiffres enregistrés au cours des derniers mois confirment que le secteur souffre encore des effets de la pandémie. En effet, la crise de la Covid-19 continue de peser de tout son poids sur le tourisme en Tunisie dans la mesure où les recettes ont chuté de 64% au premier trimestre de 2021 par rapport à la même période en 2020, soit 372 millions de dinars contre 930 millions de dinars. Ce manque à gagner est, bien sûr, supporté par les professionnels opérant dans le secteur, qui sont les hôteliers, les restaurateurs, les cafetiers, les artisans, les agences de voyages et, bien sûr, les gérants des lieux de loisirs.

Certains professionnels n’ont pas trouvé assez de ressources financières pour payer leurs employés qui ont été mis au chômage technique.

D’après les experts dans le domaine, cette année encore, la reprise risque d’être très difficile, d’autant plus que la situation sanitaire semble s’aggraver non seulement en Tunisie, mais aussi dans le monde entier.

La troisième vague de la pandémie n’a épargné aucun pays et tout le monde se trouve menacé. Certes, la Tunisie s’est bien approvisionnée en vaccins de différentes marques provenant de la Russie et de la Chine et l’opération de vaccination a démarré en trombe pour cibler, dans une première phase, les professionnels de la santé et les personnes âgées, notamment celles qui souffrent de maladies chroniques avant sa généralisation à toute la population et particulièrement aux personnes inscrites par voie de téléphone portable pour vacciner, ainsi, la grande partie des habitants.

A travers cette action de grande envergure, la Tunisie cherche, d’une part, à préserver la santé de ses citoyens et de les prémunir contre ce redoutable virus et, d’autre part, à envoyer un message d’assurance à tous les pays du monde et particulièrement à ceux qui sont émetteurs de touristes et d’investisseurs pour leur dire que notre pays est sain et ne représente pas de risque sanitaire pour les visiteurs qui comptent passer un séjour dans l’un de nos hôtels.

A noter que tout visiteur de la Tunisie doit avoir effectué un test PCR avant son entrée dans le pays. Il est appelé également à respecter les gestes barrières ainsi que les mesures prises pour lutter contre la propagation de la pandémie, et ce, pour éviter l’importation du virus des autres pays.

Des aides aux employés lésés

La crise sanitaire a été donc à l’origine du licenciement, même temporaire, d’un certain nombre de travailleurs dans le secteur touristique. Ces derniers trouvent du mal à joindre les deux bouts dans la mesure où leur salaire n’a pas été débloqué depuis des mois. Pères et mères de famille, cette population ne peut plus subvenir à ses besoins et ceux de leurs familles.

D’où l’initiative salutaire prise par le gouvernement consistant à servir des aides ponctuelles au profit des travailleurs du tourisme.

Ces aides, qui ne peuvent pas satisfaire tous les besoins de ces personnes constituent tout de même une bouffée d’oxygène qui permet d’acheter quelques besoins alimentaires au cours de ce mois de Ramadan.

D’un autre côté, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Habib Ammar, a déclaré que les pouvoirs publics travaillent sur un plan stratégique à long terme  portant sur le tourisme intérieur et sur le secteur en général. Le tourisme intérieur a été  négligé au cours des dernières années, même s’il a toujours été une alternative payante pour le tourisme tunisien durant les périodes de crise.

En effet, plusieurs Tunisiens veulent passer leurs vacances dans des unités hôtelières. Ils ont besoin d’un programme adapté à leurs habitudes de consommation et de loisirs. Or, peut d’hôteliers prennent compte des spécificités des touristes tunisiens et n’élaborent pas des programmes qui conviennent à cette catégorie de clients. Le temps est venu de remodeler la stratégie en fonction des besoins du tourisme intérieur.

Il est nécessaire également de donner au tourisme maghrébin la place qu’elle mérite car il constitue également un gisement inépuisable de touristes qui ont une importante capacité de dépense.

En effet, les touristes libyens, algériens, marocains et égyptiens sont intéressés de visiter la Tunisie et de découvrir ses richesses historiques, environnementales et civilisationnelles à condition de leur fournir un programme adapté à leurs besoins. Les touristes des pays du Golfe sont également très recherchés de par le monde vu leur capacité financière. Ce type de touristes exige des hôtels de haut standing et des prestations de niveau supérieur. Une importante campagne de marketing dans ces pays devrait être lancée avant la haute saison pour attirer le maximum de touristes.

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