UN limogeage inexpliqué, une nomination contestée, une intervention policière musclée pour installer de force le PDG désigné. En quelques jours, l’agence Tunis-Afrique Presse a été le théâtre d’un duel entre le Chef du gouvernement et les journalistes. En effet, depuis qu’il cumule les fonctions de ministre de l’Intérieur, Mechichi multiplie ses coups contre les médias.  Son style offensif a pris une tournure plus violente depuis que son principal soutien, à savoir le parti Ennahdha, a décidé de s’en prendre aux médias. L’objectif est double. D’abord dissuader les journalistes d’enquêter sur les fortunes des dirigeants du parti islamiste et de ne plus mener d’investigations sur les affaires des assassinats politiques ou de l’envoi des jihadistes en Syrie ou encore sur son organe de police parallèle.  En effet, depuis la manifestation du 27 février où Ennahdha a fait une démonstration de force grâce à une présence importante de ses sympathisants, il ne cesse de montrer les dents. Mais c’est sans doute l’enquête publiée sur le journal Al Anwar à propos de la fortune de Rached Ghannouchi qui a amené les islamistes à durcir le ton.   

Ayant constaté que leurs médias n’ont pas réussi, depuis 2011, à séduire les Tunisiens, ils ont cherché à placer leurs militants dans les principales émissions  de talkshow politique ou de variétés des chaînes privées. Reste que les médias publics et confisqués sont à leurs yeux encore rebelles et hostiles aux nahdhaouis. Alors pour mettre la main sur le secteur, il reste une seule voie possible : mettre au pas le principal pourvoyeur d’informations en Tunisie, la TAP. Mais c’était compter sans l’engagement et la lutte de ses journalistes ainsi que la solidarité des confrères.  Car quand on agresse les journalistes, on est dans l’argument du repli, de la défaite. Et le Chef du gouvernement, qui s’est rendu compte du piège dans lequel il est tombé, a essayé de remettre à flot son image en mettant en « attente » la nomination et en faisant appel à un conseiller chargé de la communication et de la presse à La Kasbah.  Un pas en arrière en vue de résoudre la crise, mais le combat des journalistes est déjà placé sur une autre échelle. Celle de l’indépendance. 

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