Que ce soit au niveau de la mosquée qui manque de fournir gel et bavettes jetables aux quelques fidèles distraits, qu’avec ces derniers qui, en retour, vont manquer à leurs obligations en matière de gestes barrières. Consternant.


Des chiffres affolants de plus de 2.000 cas de contamination à la Covid-19 par jour, sans compter les décès par dizaines et le flot de redoutables nouvelles annoncés. Avec l’avènement du mois de Ramadan depuis quelques jours, au plus fort de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus qui sévit en Tunisie, la vigilance extrême est de mise. Celle qui doit permettre la prévention de la contamination à la Covid-19, que l’on soit vacciné ou pas.

Les mosquées et autres lieux de culte ne font pas l’exception et doivent se plier aux exigences du protocole sanitaire imposé par les autorités et le ministère des Affaires religieuses. Cela va de soi. Il s’agit principalement des gestes barrières que les pieux et fidèles doivent scrupuleusement appliquer, une fois dans la salle de prière. Lors des prières du tarawih (prières exclusives de Ramadan), qui exigent de passer un long moment à la mosquée malgré qu’elles soient raccourcies en ces temps difficiles, on se rend compte que le comportement des fidèles n’est pas totalement homogène et que certains bravent les instructions et les lignes rouges. Entrer sans porter la bavette est un signe de déni ou pire de défi à la bienséance qui règne ou est requise dans cet espace. Dans une mosquée de la cité Ennasr (Ariana), on tombe des nues lorsqu’on s’aperçoit qu’il n’y a pas de gel hydro-alcoolique disposé gratuitement à l’entrée.

Encore moins de masques chirurgicaux disponibles pour ceux qui n’en ont pas sur eux par mégarde ou manque de moyens, même si l’idée de recourir à la charité en donnant des bavettes aux autres et ceux qui n’en ont pas n’est pas fortuite. Pourtant, les fidèles peuvent comprendre que certains n’ont pas les moyens de se procurer de masques chirurgicaux (sic !)…et doivent accomplir leur rite religieux du tarawih au risque de contaminer les autres fidèles plus prévenants. Du reste, un point positif réside dans les marques de ruban adhésif avec des bandelettes blanches disposées pour séparer les fidèles les uns des autres d’un mètre ou deux comme il est requis pour respecter la distanciation physique.

Les bons paient

pour les mauvais

Dans cette situation controversée et confuse, ce sont les «bons» et scrupuleux qui paient pour les «mauvais» qui font fi des gestes élémentaires. Pour ne pas subir de plein fouet les répercussions des comportements irresponsables de certains, des fidèles en appellent à l’Imam à intervenir avec son microphone pour rappeler les obligations des gestes barrières.

Malgré tout, il n’y a aucun contrôle à l’entrée et chacun peut entrer à sa guise sans se sourcier de ce qu’il prend comme risque pour les autres en cas de négligence. Une chose inacceptable. Au plus fort de la contamination à la Covid-19, cette situation prend des proportions dramatiques. Un fidèle septuagénaire dévoile les manquements qu’il a constatés : «Dans la plupart des mosquées, il n’y a pas de contrôle de rigueur à l’entrée et c’est bien dommage. Le fait de ramener chacun son tapis de prière est une mesure qui n’est pas suffisante pour se protéger contre la contamination. Quant à la distanciation sociale, toutes les mosquées n’ont pas la même conception. L’application de cette mesure diffère d’un lieu de prière à un autre. Chaque mosquée recommande la distanciation sociale différemment, l’une d’un mètre, une autre d’un mètre et demi et ainsi de suite… J’estime que chaque fidèle doit amener son gel malgré tout, pour pallier  l’absence de distributeur de gel gratuit à la mosquée».

Dans l’absolu, il y a toujours des récalcitrants au port de la bavette, de l’usage du gel, ce qui est inexcusable. Il n’y a que des consignes pour faire reculer les non-porteurs de bavettes au fond de la mosquée alors qu’ils devraient en porter obligatoirement, comme dans n’importe quel lieu public. La clémence ne peut pas intervenir dans le cas d’espèce. Il y a beaucoup d’interprétations et d’extrapolations qui minent la rigueur exigée dans ces circonstances difficiles où le Covid-19 est en train «de tuer une personne toutes les dix-sept minutes» en Tunisie d’après un expert en communication. On craint le pire à ce rythme !  Protégez-vous et protégez les autres.

Charger plus d'articles
Charger plus par Mohamed Salem Kechiche
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire