Tunisair, Transtu et Sncft sont des entreprises de transport qui ont souffert de problèmes d’ordre financier, mais leur situation peut être redressée moyennant une stratégie de promotion du transport collectif qui a un rôle déterminant à jouer au cours des années à venir.

Le transport est générateur d’emplois dans plusieurs branches. Les transports aérien, terrestre et maritime offrent, en effet, plusieurs opportunités pour les jeunes à la recherche d’un premier emploi. Encore faut-il une volonté politique pour piloter ces projets dans un secteur qui a des perspectives prometteuses à l’avenir compte tenu d’une demande de plus en plus effrénée. Pour ce qui est du transport aérien, à titre d’exemple, il est possible de créer de nouveaux emplois et de sauver les compagnies aériennes et particulièrement Tunisair qui passe par une situation difficile depuis quelques années. De nouvelles spécialités de pointe ont vu le jour de par le monde et peuvent être exploitées en Tunisie pour dynamiser le secteur du transport, d’une part, et multiplier les postes d’emplois, d’autre part.

D’ailleurs, le Centre d’études méditerranéennes et internationales (Cemi) a organisé  la semaine dernière,  dans le cadre de l’école politique de Tunis, une rencontre ayant pour thème «L’avenir des transports publics et la stratégie de réforme» en présence de M. Moëz Chakchouk, ministre des Transports et de la Logistique, des représentants de divers blocs parlementaires, des jeunes des partis politiques et différentes composantes de la société civile.

M. Ahmed Driss, président du Centre des études méditerranéennes et internationales de Tunisie  et directeur de l’école politique de Tunis, a souligné, dans son discours d’ouverture, l’importance des services fournis par le secteur des transports publics aux citoyens, en évoquant la nécessité de déployer des efforts concertés de toutes les parties interdépendantes. Le transport collectif  sera très sollicité à l’avenir, vu son rôle de premier ordre dans le déplacement des gens en milieu urbain et en milieu rural. Des services personnalisés sont nés pour prendre en charge les usagers et amener à destination dans les meilleures conditions possibles.

M. Idris a déclaré que cette rencontre était une occasion importante pour présenter toutes les propositions de la société civile et de ceux qui suivent de près l’évolution du secteur des transports publics parmi les membres de l’Assemblée des représentants du peuple, dans le but de développer et de moderniser le parc des transports publics terrestre, maritime et aérien. Il s’agit, selon-lui, de fournir des services de qualité et une valeur ajoutée qui préservent la pérennité des institutions et des entreprises nationales et contribuent à soutenir leur compétitivité aux niveaux régional et international.

Ces services, nouveaux ou anciens à mettre à jour, permettent de créer de nouveaux postes d’emploi, notamment pour les diplômés de l’enseignement supérieur qui cherchent un emploi correspondant à leur formation et à leurs ambitions. Tous les modes de transport offrent des opportunités d’emploi dans les sociétés de transport, à l’instar de Tunisair pour l’aérien et Transtu et Sncft pour le ferroviaire. Le transport ne sera plus ce qu’il était dans la mesure où l’on s’oriente de plus en plus vers la digitalisation et l’informatisation de plusieurs services comme la réservation.

Mise à niveau de la flotte

De son côté, Moëz Chkchouk a souligné que le ministère s’emploie à surmonter les difficultés grâce à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la flotte du transport public et de divers services qu’elle fournit aux citoyens, ainsi qu’à travers l’élaboration de législations pertinentes pour fournir des services publics qui répondent aux aspirations des Tunisiens. A noter que la Tunisie se prépare pour l’open sky qui va permettre aux compagnies aériennes de tous les pays d’accéder aux aéroports tunisiens. C’est une nouvelle opportunité qui s’ouvre pour le marché tunisien. Des recrutements dans les grandes compagnies sont ainsi possibles pour les compétences tunisiennes. Encore faut-il que la compagnie nationale soit dotée de tous les moyens de travail pour lui permettre d’avoir une meilleure compétitivité devant les grandes compagnies mondiales qui ont mobilisé les grands moyens pour s’imposer sur le marché international.

Le ministre a estimé que les diverses accumulations et problèmes successifs dans le secteur des transports publics après la révolution ont accentué la crise de ce secteur vital, indiquant que le ministère s’appuie sur les compétences de ses cadres issus de diverses spécialisations pour résoudre les problèmes des usagers. Tunisair ne sera pas, en tout cas, privatisée mais fera l’objet d’une restructuration pour la rendre plus performance et lui permettre de renouer avec les bénéfices en ciblant des destinations rentables.

Par ailleurs, Chakchouk a mis en exergue la gravité de la crise que traverse la compagnie aérienne Tunisair, en précisant, en même temps, qu’il existe une opportunité dans les mois à venir de sauver cette  institution nationale qui représente beaucoup pour le citoyen tunisien. Cette compagnie constitue un vrai acquis de la Tunisie indépendante qui est le symbole de notre souveraineté et notre indépendance. Elle peut jouer encore un rôle déterminant dans le transport aérien moyennant certains changements au niveau de la méthode de travail et de la gestion qui doit se baser sur la bonne gouvernance et la transparence.

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