Rien de surprenant, notre économie est en train de perdre du terrain (trop même) par rapport à l’extérieur. Le déséquilibre de la balance commerciale depuis des années, et qui se prolonge sur le premier trimestre 2021, est un énième signal alarmant de la fragilité de la position commerciale tunisienne à l’international. On ne va pas parler balance des paiements où le gouffre est encore énorme à cause du paiement du service de la dette et du principal des dettes contractées à tort et à travers, mais on va insister sur le déficit de la balance commerciale qui s’élève à plus de 12.757 millions de dinars en 2020.

L’INS a révélé des statistiques significatives sur cette structure du déficit par branche d’activité et selon aussi les partenaires commerciaux. En trois mois, le déficit a augmenté, entre autres, à cause de la récession due au Covid avec notamment la diminution de la demande mondiale et les problèmes du transport, pour passer à 1.175 millions de dinars fin mars.

Le mois de mars a connu bizarrement une montée en flèche des importations de 4.574 à 5.497 MD par rapport à février, ainsi que des exportations de 3.472 à 4.322. Mais on reste peu compétitif par rapport à l’étranger : c’est un déficit qui s’élève en même temps qu’une capacité productive de plus en plus biaisée et des rendements moyens dans tous les secteurs. Sur le plan exportation, on a perdu notre compétitivité dans le phosphate et es produits miniers et pétroliers (les perturbations dans les sites de production devant lesquelles l’Etat ferme les yeux), alors que les produits agricoles et ceux de l’industrie agroalimentaire résistent plus ou moins. Néanmoins, on importe encore des biens d’équipement, des matières premières injectées dans des activités exportatrices. Sans oublier l’éternelle frustration de voir des importations du blé et de céréales, alors que le potentiel agricole tunisien est impressionnant. Mais les politiques agricoles depuis des décennies ont marginalisé ce secteur. Et dans ce climat de récession internationale liée au Covid, on doit se réveiller pour arrêter l’hémorragie commerciale. Jusqu’à maintenant, on n’a pas rationalisé les importations en permettant toujours à certaines personnes de faire rentrer des produits qu’on peut fabriquer ici. On reste dépendants de l’extérieur dans toutes les branches d’activité, avec des secteurs qui se sont effondrés, notamment le tourisme, le textile et le phosphate. La boucle est bouclée, l’endettement excessif  est une « solution » qui a dérapé depuis un bon moment. La politique des subventions aux exportations, elle, pose maintenant problème auprès de l’OMC. Il est temps de redresser la barre et de passer à une politique commerciale austère pour réduire cet énorme déficit et cette inquiétante dépendance vis-à-vis de certains pays, et qui soutient les activités créatrices de richesse et compétitives à l’international. Les performances commerciales qu’on voit encore sont le résultat de sociétés implantées en Tunisie dont la valeur ajoutée rentre dans le calcul du PIB. Nos sociétés exportatrices sont, elles, en plein gouffre sans soutien et surtout sans débouchés.

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