L’approche sociale et la sensibilisation à la lecture sont un travail de longue haleine en Tunisie, où l’on doit redonner goût à la lecture aux jeunes qui ont abandonné l’idée de tenir un livre entre les mains, pour qu’ils en arrivent à devenir heureux en lisant. Tout simplement.


Le vendredi 23 avril, le monde a célébré la Journée internationale du livre et du droit d’auteur qui se déroule pour cette édition à Tbilissi en Géorgie (Europe de l’Est). C’est une occasion idoine pour se rappeler l’importance de la lecture à tous les âges. Au-delà des traditionnelles foires du livre qui se déroulent un peu partout en Tunisie, cette journée veille à susciter le goût de la lecture auprès des jeunes, obnubilés qu’ils sont par tant de gadgets électroniques au lieu de dévorer la lecture, et vise à récompenser les meilleurs ouvrages et romans internationaux chaque année, notamment. Selon l’encyclopédie en ligne wikipédia : «La Journée mondiale du livre est un événement annuel célébré le 23 avril et organisé par l’Unesco, branche culturelle des Nations unies, pour promouvoir la lecture, la publication et les droits d’auteur». En attendant qu’elle soit organisée dans une prochaine édition en Tunisie, il faut savoir qu’elle s’est déroulée en Egypte en 2002, au Nigeria en 2014 et en Guinée en 2017 ou encore au Liban en 2009. On en apprend davantage : «Créée en 1995, cette journée fut initiée par l’Unesco en mémoire du 23 avril 1616, date de décès des trois grands auteurs que sont William Shakespeare, Miguel de Cervantes et Inca Garcilaso de la Vega. Le 23 avril correspond également aux dates de naissance ou de décès de nombreux auteurs. En 2001, Madrid, capitale de l’Espagne, fut désignée également “capitale mondiale du livre”».

Lisez !

Ce qu’on apprécie en Tunisie, c’est la revue de presse dans une chaîne télévisée privée à l’occasion de cette Journée internationale qui a mis en lumière les meilleures nouveautés littéraires. Myriam Belkadhi, animatrice d’une émission économique, culturelle et sociale et avocate de formation, en a profité pour présenter des ouvrages qui vantent les costumes traditionnels féminins en Tunisie «véritable trésor d’images et de témoignages», concède-t-elle. Mais pas que. Un livre de Taoufik Aloui sur les graffitis dans les rues, intitulé en arabe «Na7ou el shaware3», est un recueil d’images, d’interprétations et témoignages qui devraient être lus de tous et, notamment, par la classe politique tunisienne pour être plus proche des aspirations du peuple qui vit de sombres jours, ces dernières années, sur fond de sinistrose et s’exprime dans la rue sur les murs, les sols et partout ailleurs…Elle appelle plus d’un à exploiter les livres de poche dont elle a présenté quelques exemplaires pour lire presque partout et à tout moment.

Quand on sait que de nombreux Tunisiens font la queue des heures durant en admirant le paysage au lieu de vaquer à une occupation plus utile, comme lire un livre de poche, le chemin vers une lecture de masse est encore long. D’autres, les yeux vides, se regardent dans des cafés à longueur de journée où même l’ombre d’un journal ne subsiste plus ou résiste à peine. Un taximan, qui a des enfants résidant en Italie, passionnés par la lecture, a déploré cet état de fait en Tunisie où «le Tunisien ne lit pas» !

Cultiver le goût de la lecture

Il est triste de constater les révélations faites par de grands auteurs arabes eux-mêmes qui estiment que «si voulez cacher quelque chose à un Arabe, cachez-le dans un livre !». Une manière de démonter que l’Arabe, qu’il soit maghrébin ou issu du proche et Moyen-Orient, ne lit pas vraiment, voire pas du tout…Une erreur de l’histoire que ces peuples sont amenés à corriger en reprenant goût à la lecture et à la recherche du savoir à l’ère de l’intelligence artificielle. Bien heureusement, de grands auteurs arabes ont écrit leur lettres de noblesse à l’international, on pense à l’Algérien Yamina Khadhra, au Tunisien Albert Memmi et tant d’autres écrivains d’hier et d’aujourd’hui. Dernièrement, une vidéo sensationnelle comme une ode à la lecture a été diffusée sur les réseaux sociaux au cours de laquelle un politicien français, en l’occurrence Bruno Lemaire, voue un amour inconsidérable à la lecture et appelle à une transmission à la jeunesse et à «s’arracher de ses écrans !». Il débute en disant : «Lisez. Vous n’imaginez pas le plaisir que cela va vous procurer». Tout est dit dans cette phrase qui est une invitation à l’univers de la lecture pour mieux se connaître et connaître les autres.

Par les temps qui courent et en pleine période liée à la pandémie de la Covid-19 et au confinement, la lecture est une véritable échappatoire vers des mondes nouveaux, imaginaires et inconnus pour sortir de «l’enfer du quotidien et de sa lugubre réalité», témoignent certains lecteurs assidus. Pour rappel, la 36e édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) aura lieu du 12 au 21 novembre au Parc des expositions du Kram, à Tunis. Prenez date.

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