L’expérience du test PCR semble inévitable pour beaucoup à l’heure où la Covid-19 fait rage en Tunisie. Le faire devient indispensable en cas de symptômes apparentés à la Covid-19, pour se protéger et protéger les autres.


Le risque épidémiologique «d’attraper» le virus Sars-CoV-2 responsable de la Covid-19 est de plus en plus élevé en Tunisie. Avec une moyenne de deux mille nouveaux cas par jour et près d’une centaine de décès, il y a de quoi s’inquiéter ! La Covid-19 frappe à toutes les portes dans de nombreux foyers et touche des patients de plus en plus jeunes. Il peut contaminer quiconque, sans crier gare. On ose espérer que les enfants et adolescents de moins de dix-huit ans soient toujours exclus du risque de développer la maladie, si bien qu’ils sont un certain nombre à prendre leurs précautions. Dès qu’un symptôme comme la fièvre ou la toux est décrit chez l’un d’eux, des mères de famille n’hésitent pas à recourir aux fameux tests PCR, avec ou sans avis médical pour «chasser le doute» et sauver leur progéniture des affres de cette maladie fortement contagieuse.

Anticiper sur la maladie ou se prémunir n’est plus simplement une question de moyens financiers mais de survie à l’heure où l’on parle d’une prise en charge des cas graves qui s’élève de 10.000 à 30.000 dinars dans les cliniques et centres médicaux privés pour désengorger les hôpitaux. Toutefois, il n’y a pas de mal à être «à l’écoute de son corps» tout en évitant le côté hypocondriaque que les médecins n’apprécient guère. Selon le site français futura santé, «pour dépister le coronavirus Sars-COV-2, il existe trois tests de dépistage dont les principes et les buts diffèrent. Le test PCR permet de savoir si une personne est contaminée par le SARS-CoV-2 au moment où le test est réalisé. Il débute généralement par un prélèvement nasopharyngé pratiqué avec un écouvillon. Les deux autres types de tests moins courants et moins fiables et qui sont le test sérologique (prise de sang) et antigénique sont pratiqués à titre indicatif. Le test PCR est le plus sûr.

Alors oui, le port du masque chirurgical a sans doute eu des effets bénéfiques. Il a largement réduit le risque de contamination par  de nombreuses pathologies  virales bénignes comme la grippe saisonnière…. Tomber malade d’une angine, contracter une grippe saisonnière ou une rhinopharyngite n’est pas inévitable mais nécessite un suivi méticuleux pour chasser un possible parallèle avec les symptômes de la Covid-19. Ce sont les médecins en première ligne qui sont aux aguets et remettent des ordonnances aux patients qui doivent se plier à une règle de bienséance qui exige «qu’on se protège et protège les autres». Lorsqu’on se rend dans un des laboratoires qui assurent le dépistage de la Covid-19, on a affaire à une situation peu habituelle par rapport aux traditionnelles analyses qu’ils ont l’habitude de pratiquer. L’enregistrement et le prélèvement se font, à l’extérieur, soit sous une tente aménagée près du laboratoire d’analyses médicales, ou à proximité de l’entrée comme pour isoler les personnes qui sont éventuellement contaminées. Des précautions qui ne sont pas appliquées à la lettre car à l’intérieur du laboratoire, il y a foule. Jusqu’à quatre personnes sont assises dans la même salle sans respect de la distanciation sociale! Une situation générale peu habituelle et insolite en temps de pandémie pour le commun des mortels.

Un tarif qui diffère d’un laboratoire privé à un autre

La grippe espagnole, l’une des dernières épidémies ayant causé un nombre très élevé de morts s’est déroulée à la fin de la Première guerre mondiale en 1918, faisant cinquante millions de victimes à travers le monde. Croisons les doigts pour que cette pandémie n’atteigne pas ce sombre record mondial. Pour revenir sur le déroulement du test PCR en lui-même, il faut savoir qu’il ne dure qu’un instant (deux fois trois secondes) mais qui paraissent bien plus longues psychologiquement parlant. En effet, l’infirmière prend un bâtonnet appelé écouvillon qu’elle introduit  dans la première narine du patient avant de répéter l’opération pour la deuxième. Indolore mais très désagréable, il donne une sensation d’être « pris au piège » par un objet intrusif qu’est ce bâtonnet médical qui rentre profondément dans les narines du patient une fois, puis une deuxième et une troisième fois avant de la ressortir. Dès lors la confirmation d’un bon niveau d’oxygénation au-dessus de 95% ou de l’absence de fièvre avec une température corporelle autour de 37° indiquent qu’on n’a pas la Covid-19. Avoir des courbatures, des maux de dos, de la diarrhée sont des symptômes recherchés au moment de diagnostiquer la présence ou non du coronavirus dans l’organisme du patient au moment d’effectuer le test PCR. Le prix du test PCR oscille aux alentours de deux cents dinars mais dans une même zone comme à El Manar, où le prix diffère d’un laboratoire à un autre : l’un propose un tarif de 205 Dinars, alors que l’autre affiche un tarif de 190 Dinars sans que l’on ne sache ni pourquoi, ni comment !

Une vigilance de tous les instants

Le bon point c’est qu’il est remboursé par les caisses de sécurité sociale mais pas n’importe laquelle. Il est possible de se rendre à l’hôpital pour bénéficier d’un service gratuit, mais à quel prix ? Celui de contracter le virus Sars-CoV-2 sur place  après avoir effectué le test. Non merci. «Un homme averti en vaut deux». Attention car la Covid-19 ne concerne pas que les autres. EIle ne demande pas la permission et s’introduit dans l’organisme d’une personne bien portante sans crier gare. Elle nécessite une vigilance de tous les instants que l’on soit vacciné ou pas. Le port du masque chirurgical, la distanciation sociale et l’utilisation du gel hydroalcoolique sont les premiers gestes barrières.

En attendant, il est désolant de constater, le week-end dernier, les attroupements et les rassemblements dans les centres commerciaux, les rues marchandes ou devant le siège d’un grand club sportif de la capitale pour célébrer le lancement d’un  nouveau produit, au moment où des âmes tombent comme des fleurs chaque jour sous le joug de ce virus qui ne risque pas de disparaître de sitôt. Le compteur de l’Université américaine John Hopkins recense 3 198 313 décès dans le monde dont 10 868 décès pour une population tunisienne comptant 12 millions d’âmes.

Mohamed Salem KECHICHE

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