La troupe de la Rachidia a su emporter son public bizertin dans l’ère andalouse avec ses belles mélodies de «mouwachahat» et du «Malouf» présentés durant le Festival «Khmayes Tarnène» à Bizerte.

La soirée a débuté avec diverses compositions et un nombre d’interprétations par la chorale. Puis le cocktail, qu’a chanté Sarra Nwiwi venant juste après, était une sorte d’hommage aux vedettes tunisennes du siècle dernier à travers quelques chansons célèbres, à l’instar de «Bakhnoug bent lemhamid Aicha» de Saliha et «El Achega» de Hassiba Rochdi.

Un public attentif
Tantôt en applaudissant, tantôt en suivant le rythme avec des mouvements du corps, la réactivité des spectateurs était remarquable tout au long de la soirée.
Avec les différentes tranches d’âges présentes, on conclut que «Le Malouf» est un art ancré dans l’âme des Tunisiens. En effet, la préservation et la pérennisation de cet art ne s’effectueront qu’avec le passage du flambeau aux nouvelles générations.

La star de la soirée
Nadhir Bawab en est l’exemple ; à peine à 21 ans, il maîtrise les manières et les «Tbouô» tunisiennes comme un grand. Issu d’une famille qui chante le genre soufi avec la troupe «El Azzouzia» de Zaghouan dirigée par son père qui lui-même l’a hérité de son père.
Diplômé en musique, il a voulu avoir aussi une formation académique, il donne actuellement des cours et compte terminer son mastère dans le même domaine. Après son passage au festival de Carthage en 2017, beaucoup l’appellent le petit Zied Gharsa. Un chemin qu’il a choisi avec conviction et dans lequel il a pu exceller malgré son jeune âge.
La dernière partie du spectacle était animée par Sofien Zaidi, jeune artiste et responsable de la chorale de la Rachidia, qui a su basculer avec aisance des chansons de Ali Riahi à son single typiquement tunisien «Bnayet Jari Hamouda», pour finir avec un genre plus confrérique qui rappelle les chansons de «Hadhrit el Azzouzia».
A la fin de la soirée, la direction du festival a voulu rendre hommage aux trois chanteurs, Sarra Niwi, Nadhir Bawab et Sofien Zaïdi ainsi qu’au maestro Nabil Zommit en leur délivrant des attestations et des trophées.
En fait, la «Rachidia», cette grande école, a pris son appellation du nom de son fondateur Mohamed Rachid Bey, 3e Bey de la dynastie husseinite qui était doué pour la musique. Fondée en 1934, elle reste la citadelle du patrimoine musical tunisien et un passage obligé pour tout artiste voulant maîtriser le «Malouf» et l’apprendre sur de bonnes bases.
Toutefois, le «Malouf» a été préservé grâce à de grands artistes tel feu Khmayes Ternen, en particulier dans les régions où il y a une densité de population andalouse comme Bizerte. En effet, ce festival baptisé à son nom, vient rendre hommage aux artistes qui ont fait l’art pour l’amour de l’art !

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