Crédit photo : YOUSSEF MASSOUD / © 2021 AFP


Près de 60 morts dans de nouveaux affrontements entre l’entité sioniste et le Hamas


SYNTHÈSE – L’armée israélienne a annoncé mercredi la mort d’un de ses soldats dans un tir de missile antichar effectué depuis la bande de Gaza par le mouvement islamiste armé Hamas.

« Le sergent d’état-major Omer Tabib a été tué ce matin par des tirs antichar lors d’une opération visant à protéger des villages (israéliens) près de la bande de Gaza », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

Maisons ravagées, voitures foudroyées, installation pétrolière touchée: Israël s’est réveillé mercredi avec des dommages inégalés depuis la guerre de Gaza de 2014.

 

53 morts dans l’enclave palestinienne, dont 14 enfants

Les hostilités les plus intenses depuis sept ans, déclenchées avant-hier, ont fait au moins 59 morts des deux côtés — 53 à Gaza, parmi lesquels 14 enfants, et six en Israël, dont le sergent d’état-major Omer Tabib. Il y a également eu trois morts en Cisjordanie dans des incidents séparés avec l’armée.

Elles font suite aux troubles du weekend dernier sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, dans le secteur palestinien d’Al-Qods occupé par l’Etat hébreu depuis 1967 puis annexé.

 

Les flambées de violences entre Palestiniens et Israéliens depuis 2015. (Infographie : Cléa PÉCULIER / © 2021 AFP)

 

Aucune trêve n’est envisageable tant qu’un « calme durable » n’est pas assuré, a prévenu le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz.

L’inquiétude grandit au sein de la communauté internationale, et le Conseil de sécurité de l’ONU se prépare à une nouvelle réunion d’urgence consacrée à cette crise sanglante.

 

Craintes d’une « guerre à grande échelle »

Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », a alerté hier l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland: « Une guerre à Gaza serait dévastatrice et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix », dans ce micro-territoire palestinien de deux millions d’habitants sous blocus, miné par un taux de chômage avoisinant 50%.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré l’état d’urgence dans la ville mixte juive et arabe de Lod, où la police a fait état d’émeutes par la minorité arabe, le président Reuven Rivlin, dénonçant un « pogrom ».

Certains observateurs craignent une aggravation des troubles civils alors que des manifestants brandissant des drapeaux palestiniens ont brûlé des voitures et des propriétés, affronté la police israélienne et attaqué des automobilistes juifs dans plusieurs villes mixtes du pays.

Les tensions ont aussi gagné la Cisjordanie occupée, où trois Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis avant-hier, d’après des sources palestiniennes.

320 Palestiniens blessés

Pour l’armée, les frappes aériennes israéliennes sur Gaza, les plus nourries depuis 2014, se veulent une riposte aux « plus de 1.000 roquettes » lancées par des différents groupes armés vers l’Etat hébreu depuis avant-hier soir.

Sur ce total, 850 roquettes ont touché Israël ou ont été interceptées par le système de défense antiaérien, tandis que les autres se sont écrasées à l’intérieur de Gaza, selon le ministère de la Défense.

« L’armée continuera d’attaquer afin d’assurer un calme total et durable », a affirmé M. Gantz lors d’une visite dans la ville israélienne d’Ashkelon, touchée par une pluie de roquettes.

Israël a lancé des centaines de frappes aériennes sur l’enclave côtière de Gaza contrôlée par le Hamas, visant ce que l’armée décrit comme des sites militaires palestiniens.

Outre le nombre croissant de morts, 320 Palestiniens ont été blessés, dont beaucoup ont été sauvés des ruines fumantes de bâtiments. Côté israélien, plus de 100 personnes ont été blessées.

Préoccupée par l’escalade, la procureure en chef de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda a déclaré que des « crimes » pourraient avoir été commis.

Le Hamas avait lancé avant-hier une salve de roquettes vers Israël en guise de « solidarité » avec les plus de 900 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Al-Qods-Est occupé.

ONU: nouvelle réunion au Conseil de sécurité

Hier soir, l’aviation israélienne a pulvérisé un édifice de 12 étages, où des ténors du Hamas avaient leurs bureaux, puis un autre édifice de neuf étages, comportant les locaux d’une télévision locale, des logements et des commerces.

L’armée dit avoir ciblé le « chef du renseignement militaire » du Hamas, Hassan Kaogi, et le « directeur du contre-espionnage » du mouvement islamiste armé, Waël Issa.

Dans la foulée de ces frappes nocturnes, le Hamas a lancé un nouveau barrage de roquettes ciblant encore la métropole israélienne de Tel-Aviv.

« Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête (…) », a prévenu le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, appelant les forces israéliennes à se retirer de l’esplanade des Mosquées, théâtre de heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens.

Face aux violences, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait tenir mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence, la deuxième en trois jours, d’après des sources diplomatiques.

La première réunion avant-hier s’était soldée sans déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte « à ce stade ».

Des sources diplomatiques avaient affirmé avant-hier à l’AFP que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées », afin d’obtenir une désescalade.

(SOURCE: AFP)


 

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