Dans le cadre des efforts déployés par la Tunisie pour mettre fin à l’agression des forces d’occupation sur les territoires palestiniens occupés et la bande de Gaza assiégée, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Othman Jerandi, s’est rendu à New York, sur instructions du Président de la République, en vue de prendre part à la réunion organisée par l’Assemblée générale des Nations unies à New York sur la situation en Palestine, alors que la situation humanitaire à Gaza continue de se détériorer en raison du conflit entre Israël et le Hamas.

A son arrivée à New York, M.Jerandi a entamé une série intensive de réunions avec un certain nombre de ses homologues et de hauts responsables internationaux, dont Riyad Al-Maliki, le ministre palestinien des Affaires étrangères, M. Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, M. Makhdoom Shah Mahmood Hussain Qureshi, ministre pakistanais des Affaires étrangères, ainsi que M. Volkan Bozkir, président de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Il s’est aussi entretenu avec le secrétaire général des Nations unies, M. Antonio Guterres, dans le cadre d’une délégation composée des ministres arabes des Affaires étrangères et du secrétaire général adjoint de la Ligue des États arabes,  consacrée au suivi de la situation à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés. La réunion a été consacrée à la discussion sur les moyens de parvenir à un cessez-le-feu immédiat dans les territoires palestiniens occupés, de mettre fin à l’agression israélienne brutale contre la bande de Gaza assiégée, aux attaques contre les lieux saints à Al-Qods et contre la population civile palestinienne dans les territoires occupés, et les moyens de leur assurer une protection internationale et de faciliter l’acheminement de l’aide.

Au cours de la réunion, les ministres arabes ont souligné qu’il importait de s’attaquer aux causes profondes des souffrances du peuple palestinien pendant des décennies, principalement représentées par l’occupation et les pratiques oppressives des autorités d’occupation et leur politiques expansionniste en violation du droit international.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a affirmé sa préoccupation face à la tragique situation humanitaire résultant des bombardements, soulignant la volonté de l’ONU de tout mettre en œuvre pour arrêter l’escalade en tant que priorité absolue et de travailler, à son tour, à préparer le terrain pour la reprise du processus de paix et parvenir à un règlement du conflit sur la base du droit international et des résolutions des Nations unies.

Il est à noter que M.Jerandi a prononcé un discours poignant et ferme de la Tunisie devant l’Assemblée générale des Nations unies. Tous ces efforts ont amené le chef de l’ONU, Antonio Guterres, et le président de l’Assemblée générale, Volkan Bozkir, à réclamer un cessez-le-feu immédiat. « Les combats doivent cesser immédiatement. J’appelle toutes les parties à cesser les hostilités maintenant et je réitère mon appel à toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat », a déclaré M. Guterres.

Le secrétaire général de l’ONU a rappelé que « les hostilités ont gravement endommagé les infrastructures civiles vitales de Gaza, notamment les routes et les lignes électriques, contribuant à une crise humanitaire». «Les points de passage vers Gaza ont été fermés et la pénurie d’électricité affecte l’approvisionnement en eau», a-t-il ajouté.

La Presse a saisi l’occasion pour poser quelques questions au ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger.

Quelles sont les actions entreprises par la Tunisie suite à l’agression des forces d’occupation contre la Palestine ?

Dès le début des provocations à  l’encontre des fidèles dans la mosquée Al-Aqsa au cours du mois saint de Ramadan, et face aux agressions répétées et à l’oppression exercée par les forces d’occupation contre les habitants civils de Sheikh Jarrah, j’ai immédiatement, sur instructions du Président de la République, pris contact avec mon homologue palestinien pour exprimer la condamnation de la Tunisie de toute violation ou manœuvre visant à altérer la nature et l’identité des monuments historiques et religieux des territoires palestiniens, ainsi que la solidarité indéfectible de la Tunisie avec le peuple palestinien. Avant même l’escalade militaires contre nos frères palestiniens, notre diplomatie s’est mobilisée au triple niveau bilatéral, régional et multilatéral pour alerter la communauté internationale sur la menace que représentent les multiples agressions des forces d’occupation et des colons  pour la paix et la sécurité dans la région du Moyen-Orient et bien au delà. 

Je dois rappeler, à cette occasion, que le Président de la République, Kaïs Saïed, qui porte une attention particulière à la cause palestinienne, n’a cessé d’entreprendre les démarches appropriées pour renouveler le soutien  inconditionnel de la Tunisie au peuple frère palestinien. A ce titre, la question palestinienne a été placée au plus haut rang des priorités de la diplomatie tunisienne et de son programme d’action lors de sa présidence du Conseil de sécurité au cours du mois de janvier 2021.

Dès l’éclatement des offensives militaires ignobles contre Gaza et les territoires palestiniens occupés, le Président de la République et moi-même avons multiplié des démarches et intensifié les contacts avec nos homologues des pays frères et amis pour demander la cessation immédiate de ces agressions barbares. C’est dans ce cadre que j’ai également participé aux réunions ministérielles de la Ligue des Etats arabes et de l’Organisation de la coopération islamique pour coordonner nos positions et exhorter la communauté internationale à exercer sa pression pour obliger la force d’occupation à se soumettre au Droit international. En tant que membre arabe non permanant du Conseil de sécurité des Nations unies, la Tunisie a, en étroite coordination avec la Palestine, la Chine, qui préside le Conseil pendant le mois de mai courant, et la Norvège, proposé un projet de communiqué de presse qui exige, notamment, l’arrêt immédiat des actes d’agression perpétrés par les forces d’occupation à l’encontre du peuple palestinien. Toutefois, cette démarche n’a pas abouti faute de consensus au sein du Conseil de sécurité.

Outre ses démarches au Conseil de sécurité, la Tunisie a joint ses efforts à ceux de la Ligue des Etats arabes et de l’Organisation de la coopération islamique pour demander la programmation d’une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU à New York le 20 mai 2021 à laquelle j’ai pris part. Cette réunion a été une occasion de rappeler la position constante de la Tunisie en soutien à la question palestinienne et souligner l’urgence de traiter les véritables causes de ce conflit. Un accent particulier a été mis sur la priorité d’assurer la protection du peuple palestinien frère et la nécessité  d’une application immédiate des résolutions onusiennes en la matière, en vue de restituer au peuple palestinien ses droits justes et inaliénables.

Un travail colossal de coordination avec mes homologues des pays frères et amis a été mené en prélude à  cette réunion. Nous continuerons, sans faille ni fléchissement, nos démarches en vue de mettre fin à cette nouvelle agression ignoble qui  est venue s’ajouter à une longue liste de violations du Droit international et des droits humains les plus fondamentaux.

Comment jugeriez-vous les résultats de vos démarches ?

Toute action que la Tunisie entreprend pour défendre la question palestinienne s’inscrit au cœur des priorités de notre politique étrangère et puise sa raison d’être dans notre soutien historique et indéfectible à cette cause juste.

Dans cette optique, et par souci d’efficience et de pertinence, nous  tenons à coordonner, en amont, avec nos frères Palestiniens toute action ou initiative à ce sujet. Aussi, la Tunisie demeure-t-elle convaincue que les pressions exercées par l’ensemble de la communauté internationale contribueront à contraindre la force d’occupation à cesser ses massacres et ses actes barbares.

Par ailleurs, il y a lieu de constater que la prégnance de nombreuses injustices dans le monde, en premier lieu desquelles l’injustice dont souffre le peuple palestinien depuis plus de sept décennies, est de nature à alimenter davantage le désespoir et l’instabilité. Cette situation menace sans doute la paix et la sécurité internationales. Dans ce contexte, Il est devenu impérieux de ne pas revenir à la situation initiale avant l’agression, mais de mettre fin à l’occupation afin de permettre au peuple palestinien de recouvrer ses droits historiques et légitimes, notamment celui d’édifier un Etat indépendant avec Al-Qods Al-Charif comme capitale.

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