Le bureau exécutif du Mouvement Ennahdha a « fermement condamné », mardi, le contenu du présumé « document fuité » de Carthage et demandé « une enquête sérieuse et rapide pour en dévoiler les circonstances et rassurer l’opinion publique ».

Le document qui remonte au 13 mai est « adressé à la directrice du cabinet présidentiel et comporte des directives dangereuses sous couvert de l’article 80 (de la Constitution), visant à compromettre les institutions de l’Etat et entraver le processus démocratique », dénonce le parti dans un communiqué.

Ennahdha appelle la société civile, les organisations nationales, les partis politiques et toutes les forces démocrates à « former un front national de défense du processus démocratique, des droits et libertés ainsi que des acquis de la Révolution ».

Walid Hajjem, conseiller à la présidence de la République, a déclaré ce mardi matin sur radio Shems FM que le présumé document publié par le site Middle East Eye et relatif à un « soit-disant coup d’Etat fomenté par la présidence de la République « n’est qu’une « médiocre mise en scène » et une « escalade non-innocente à l’encontre du chef de l’État et de l’institution de la présidence ».

Selon l’article 80 de la Constitution, « En cas de péril imminent menaçant les institutions de la nation et la sécurité et l’indépendance du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le président de la République peut prendre les mesures nécessitées par cette situation exceptionnelle, après consultation du chef du gouvernement et du président de l’Assemblée des représentants du peuple et après en avoir informé le président de la Cour constitutionnelle. Il annonce les mesures dans un communiqué au peuple ».

Il énonce également que « Ces mesures doivent avoir pour objectif de garantir le retour dans les plus brefs délais à un fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Durant toute cette période, l’Assemblée des représentants du peuple est considérée en état de réunion permanente. Dans ce cas, le Président de la République ne peut dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple et il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement ».

À tout moment, trente jours après l’entrée en vigueur de ces mesures, et à la demande du Président de l’Assemblée des représentants du peuple ou de trente membres de ladite Assemblée, la Cour constitutionnelle est saisie en vue de vérifier si la situation exceptionnelle persiste.

La décision de la Cour est prononcée publiquement dans un délai ne dépassant pas quinze jours.

L’article 80 prévoit que « Ces mesures cessent d’avoir effet dès que prennent fin les circonstances qui les ont engendrées. Le Président de la République adresse un message au peuple à ce sujet ».

Créé en 2014, Middle East Eye est un média privé basé à Londres et couvrant la zone Moyen Orient et Afrique du Nord.

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