Du 17 au 27 juin, se tiendra la foire du livre tunisien. Son directeur très récemment nommé, l’auteur et chercheur Mohamed El May, en peu de temps, a mis les bouchées doubles et même triples pour compenser l’absence de la foire de la dernière année et, surtout, proposer aux Tunisiens, entre public, auteurs et éditeurs, la fête qu’ils méritent.

« La Foire nationale du livre tunisien n’est pas une mini-version de la foire internationale, précise Mohamed El May qui nous a reçus dans un bureau parsemé de livres et de nouvelles publications. C’est une célébration du livre tunisien, exclusivement réservée à l’éditeur tunisien. D’ailleurs, l’Union des éditeurs est notre principal partenaire, en plus de l’Union des écrivains tunisiens », tient-il à mettre les choses dans leur contexte.  La première et la seconde édition ont réussi à créer une belle dynamique malgré les lacunes, et M.El May avec  toute l’énergie qu’il y met, tente de les dépasser et de donner le plus pour que la Foire nationale du livre tunisien ne soit pas une simple occasion pour commercialiser le livre, mais une célébration du livre, de son auteur et de son éditeur.  « Prendre le livre » comme slogan suggère le désir de lire, l’envie de le tenir en main et même de le soutenir et de l’apprécier. C’est une manière d’évoquer la relation qui est supposée être entre le lecteur et le livre et pour mettre en pratique cette philosophie, nous allons assister, comme M.El May nous le promet, à une belle dynamique artistique autour du livre, qui sera concrétisée dans toute la programmation culturelle qui sera mise en place.

Des publications soigneusement éditées seront prêtes à l’avance et mises à la disposition des visiteurs

«Trois grands axes constituent le volet, explique M.El May, d’abord, l’enfant, citoyen de demain, certes il y aura des animations, des ateliers et des rencontres, mais surtout je me tourne vers les Villages SOS, et les centres pour enfants. Nous leur proposons des visites, des ateliers, des rencontres avec les auteurs, pour que le livre soit un réel médiateur entre eux et la société qui les stigmatise. La foire, qui va s’étaler sur une dizaine de jours, sera ponctuée par des journées spéciales dédiées au livre poétique, la nouvelle, le roman, le livre théâtral et le beau livre, en plus d’une journée consacrée à l’historien tunisien, et une autre pour les influenceurs et créateurs de contenu spécialisé dans la promotion des livres et la production littéraire.  « Pour toutes ces journées de débats et d’échange, des publications soigneusement éditées seront prêtes à l’avance et mises à la disposition des présents le jour même de la rencontre. C’est ma manière de laisser un legs digne de nous, une trace de mon travail et une empreinte marquante pour la postérité. La mémoire de la foire est une chose essentielle et d’une grande utilité pour les équipes qui viendront par la suite », explique-t-il sa démarche. La Foire nationale du livre tunisien  rendra aussi hommage au gouvernorat de Sfax et cela prendra plusieurs aspects : un hommage via d’élégantes éditions consacrées à ses auteurs et ses figures emblématiques en signe de reconnaissance pour Abdelmajid Charfi, Habib Bida, Mohamed Khabou, Mahmoud Ben Jema, un évènement intitulé « Sfax la poétesse », une rencontre avec Sami Ben Ameur autour de son ouvrage «Dictionnaire du lexique artistique» et un hommage spécial à Khalil Gouiaa.  M.El May promet une ouverture en grande pompe pour cette édition qu’il voudrait innovante, où les arts se croisent et fusionnent, entre arts plastiques, céramiques et calligraphie arabe via une exposition de Nja Mahdaoui, en plus du livre audio qui sera aussi un levier pour la promotion du livre. L’expérience est déjà mise en application avec « Sahertou… » de Ali Douaji, dont la préface est enregistrée par la voix de son auteur Ezzedine El Madani, et la première nouvelle «  Kanz El foukara » par la voix de Raouf Ben Amor.

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