Accueil Economie CHAMBRES FROIDES: Une surveillance renforcée pour éviter les fraudes

CHAMBRES FROIDES: Une surveillance renforcée pour éviter les fraudes

Le dossier des chambres froides, où sont stockés les fruits et légumes, est de nouveau ouvert : certaines chambres ne semblent pas avoir joué le rôle pour lequel elles ont été créées.


Les chambres froides agricoles renferment des quantités de fruits et légumes à utiliser pour réguler le marché. Le chef de l’Etat a visité, récemment, des chambres de ce type pour prendre connaissance de leur fonctionnement et dans quelle mesures elles rendent service  aux citoyens. Il faut dire que certains privés utilisent ces chambres froides pour pratiquer de la spéculation au vu et au su de tout le monde. Ainsi, ces chambres froides ne servent pas pour la régulation du marché, mais pour mettre en  vente des produits en manque et ainsi ils assurent un revenu conséquent. Les agents de contrôle économique doivent être aux aguets pour rappeler à l’ordre tout contrevenant qui compte faire de la spéculation aux dépens des consommateurs. Ainsi, les pommes de terre sont écoulées à 2d500 voire 3d000 alors que les piments doux sont vendus à 5d voire plus. Quant aux tomates, leur prix grimpent à 4d.

C’est dire que les prix sont fixés en fonction de la disponibilité des marchandises sur le marché. Le but est d’améliorer le revenu des spéculateurs qui utilisent toutes les ruses pour gagner plus. Les  consommateurs se rabattent sur les fruits et légumes qui ne sont pas disponibles, quitte à payer le prix fort. Cette situation ne doit plus se poursuivre à l’avenir et les chambres froides doivent être utilisées pour l’objectif qui leur est assigné. Toutes les parties prenantes, y compris l’administration, les professionnels et les organisations professionnelles, doivent conjuguer leurs efforts en vue de travailler dans la transparence et l’équité.

Pour un saut qualitatif

Une surveillance accrue doit être exercée sur les différentes chambres froides qui ont besoin d’énergie électrique afin de refroidir les fruits et légumes. Ces chambres peuvent servir aussi pour le stockage des produits compensés destinés, en principe, à la consommation des citoyens, mais qui sont utilisés pour d’autres fins. La constitution d’une chambre froide doit répondre à plusieurs critères, dont la salubrité de l’espace, son équipement en moyens frigorifiques et en conditionneurs. Le responsable de la chambre froide doit consentir un investissement conséquent pour intégrer tous ces équipements. Mais, une fois en fonction, la chambre froide peut servir pour la spéculation. Il suffit qu’un produit donné soit absent du marché pour que les chambres froides se mettent à fonctionner.

Les prix proposés aux consommateurs dépassent ainsi les prix réels affichés en temps normal. La Tunisie a choisi de pratiquer la liberté des prix et l’ouverture du marché en encourageant la loi de l’offre et de la demande. Mais pas question que les propriétaires des chambres froides imposent leurs prix tout au long de l’année. C’est la présence des quantités des  produits agricoles   qui déterminent la réalité des prix. Toutes les marchandises produites par les agriculteurs transitent par le marché de gros de Bir El Kassaa pour effectuer les transactions en fruits, légumes et poissons.

Toutefois, certains agriculteurs et producteurs préfèrent vendre leurs produits hors du circuit légal qui est le marché de gros et cela fausse la note. D’autres agriculteurs ne s’empêchent pas de confier une partie de leur production aux propriétaires des chambres froides pour  partager les gains obtenus. D’où la nécessité d’assainir davantage les circuits de distribution et de bien surveiller le agriculteurs et les propriétaires des chambres froides dans le but de lutter efficacement contre la spéculation et les opérations frauduleuses qui pourraient avoir des répercussions sur le pouvoir d’achat des citoyens. C’est une opération de longue haleine qui exige la mobilisation de grands moyens logistiques et de contrôle relevant du ministère du Commerce et du Développement des exportations et des départements concernés.

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