
C’est le chapitre le plus sensible de cette assemblée.
Après avoir sollicité de la Fifa la prolongation de son mandat jusqu’au 30 juin 2025 et avoir reçu un non catégorique, le Comité de normalisation s’est penché sur le volet principal de sa feuille de route: organiser des élections pour faire émerger un nouveau Bureau fédéral élu. Pris de court par ce refus, Kamel Iddir s’est empressé de convoquer les clubs membres de la FTF pour deux assemblées le même jour: samedi 21 décembre 2024. Une assemblée générale ordinaire qui débutera à 10h00 avec un seul point à l’ordre du jour : lecture et approbation du rapport moral qui sera principalement axé sur les activités du Comité de normalisation provisoire depuis sa nomination et sur la présentation et approbation du bilan financier consolidé. Et puis, une assemblée générale extraordinaire qui démarrera à 14h00 (et sur laquelle les projecteurs seront principalement braqués) et qui soumettra aux membres, ayant le droit de vote, les modifications qui seront apportées aux statuts de la fédération. Ces amendements attendus sur des charbons ardents toucheront essentiellement les fameux articles 28 et 36 du chapitre élections du Bureau fédéral. Après avoir annoncé que ces modifications seraient le fruit d’une large concertation et d’un véritable consensus avec les clubs, Kamel Iddir et ses deux compères du Comité, Zakia Bartagi et Chedli Rahmani, se sont apparemment rétractés en annulant les rendez-vous des 6, 7 et 8 novembre avec les clubs décidés pour entamer le grand débat et scruter les opinions sur le sujet. Les propositions de modifications ont donc été rédigées de façon unilatérale et seraient quasiment prêtes. Les informations qui ont filtré jusqu’ici parlent de l’abrogation du paragraphe 4 de l’article 28 des satuts avec «la suppression de l’obligation de soutien à toute liste candidate d’au moins 15 membres ayant le droit de vote, tout en maintenant la présence d’au moins une candidate féminine». L’autre modification majeure pressentie concernera l’alinéa C du paragraphe 1 de l’article 36 (Critères d’éligibilité au Bureau fédéral) avec la «suppression de l’obligation des 4 ans d’affilée comme dirigeant d’une association, d’une ligue ou membre d’une commission fédérale ou d’une commission du Cnot». Les présidents des Ligues nationales ou régionales et les présidents des clubs affiliés seraient également débarrassés de cette condition des 4 ans de suite d’exercice (paragraphe 2). La dernière modification majeure attendue est la «suppression de l’obligation pour le candidat tête de liste ou le président et le vice-président de la liste candidate d’avoir rempli des fonctions au sein du Bureau fédéral ou d’avoir été président d’une ligue nationale ou régionale ou président ou vice-président d’un club ou président d’une commission nationale ou juridictionnelle pendant 4 ans d’affilée». On se contenterait d’exiger 2 ans minimum même espacés et donc pas forcément consécutifs. Autant dire que ces modifications prévisibles ont été taillées sur mesure pour alléger et assouplir au maximum les conditions d’éligibilité jugées draconiennes qui ont barré la route à plusieurs candidats lors des élections avortées du 9 mars et du 11 mai 2024. Si ces modifications se confirment et sont adoptées lors de l’assemblée générale extraordinaire du 21 décembre, on pourrait s’attendre à des élections plurielles. Même si, du côté du représentant du football amateur, on ne désespère pas et la pression ne manque pas pour changer carrément le mode de scrutin de listes énoncé dans le paragraphe 3 de l’article 28 et retourner au vieux scrutin sur les personnes pour une meilleure représentativité des régions et des divisions et pour qu’il n’y ait pas une probable mainmise dans la composition du prochain bureau fédéral du football professionnel au détriment du football amateur. Alors, plutôt que de chercher à allonger son mandat, le Comité de normalisation provisoire doit mettre les bouchées doubles pour réussir ces élections et passer le relais à un bureau fédéral élu et souverain.