Recommandé, bien sûr, à nous tous, par ces temps de faillite et de discorde, de ne pas en rajouter. De ne pas se chercher constamment noise, de se concéder trêve, de s’en tenir au strict intérêt du pays. De taire l’inutile surtout face à l’urgence et aux priorités.

L’inutile, pour l’heure ? Précisément ce qui s’ébruite, s’agite et qui ne résout jamais rien chez nous. Pour nos politiques par exemple, en ce moment, c’est prendre position, c’est faire campagne encore et toujours. C’est discourir pour imputer des torts. Le sentiment, hélas, est, de plus en plus, dans le seul but de «marquer des points».

On songe à tout le monde. En plus ou en moins. Mais à aucune exception.

Les «sorties» de Kaïs Saïed intriguent, encore si elles ne se mettent à fâcher. Oratoires, voilà plus d’un an sans suites, sans effets. La dernière en date a déplu. Pourquoi ce déni confinant à l’insulte en direction de L’Ugtt, du Dialogue national de 2013 et de ses lauréats du Prix Nobel de la Paix ? Franchement incompréhensible, inadmissible. Le Président élu par près de trois millions de Tunisiens se saboterait lui-même cette fois-ci.

Autre imprudence, peut-être : celle de Abir Moussi et de ses nombreux partisans du Destour libre. Ce militantisme effréné, fondé sur la seule «élimination de l’islam politique» convient-il vraiment dans les circonstances, les conditions politiques et géo-politiques actuelles ? A-t-il des perspectives, des horizons ? Les enthousiasmes, les sondages perdureront- ils ? Il y a la mémoire d’un passé, il y a les changements possibles de demain, il y a les excès à l’ARP aujourd’hui, rien n’est moins sûr, attention.

Le reste, tout le reste, idem. La ceinture parlementaire au pouvoir «obéit aux chefs» en donnant ses voix, en donnant seulement de la voix. Les partis d’opposition rêvent de motions censure improbables, commentent les fuites, investissent les plateaux. Résultat : le statu quo de depuis dix ans. De depuis la révolution. De depuis la nouvelle Constitution qui ne délègue pouvoir à personne, mais qui concède la parole à tout un chacun.

Résutat: les habitudes sont bel et bien prises. Le Président parle, Abir Moussi manifeste et conteste à l’Assemblée, la «ceinture» au pouvoir approuve, l’opposition occupe l’antenne. L’inutile règne sans partage. La faillite va son train, la discorde se poursuit. Qu’y a-t-il d’autre à craindre ? On subit. On attend.

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Un commentaire

  1. Charai Moncef

    30/06/2021 à 03:26

    Cher Monsieur Tebourbi, le ‘Dialogue National’ de 2013 a confirmé l’assise des ‘Khwenjias’ et la continuité de la misère chez nous. Quant à l’UGTT, elle veut s’accaparer de tout, et défend un ‘ Nouveau dialogue national’ avec sa ferme conviction que c’est encore et toujours Ennahdha qui s’accroche. Pas de dialogue avec des ‘ravisseurs’ de cette lueur venue un certain 14 janvier !

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