• Notons que l’initiative est totalement locale et ne s’inscrit pas dans le cadre d’une stratégie des autorités centrales.
• L’initiative prise par le maire de la ville démontre, notamment, que lorsque les élus locaux décident de prendre leurs responsabilités, la décentralisation, institutionnalisée par la Constitution de 2014, peut fonctionner et apporter le changement positif escompté dans les collectivités

Petite banlieue paisible, la ville d’Ezzahra (gouvernorat de Ben Arous), jadis Saint-Germain, est surtout connue pour sa passion pour le ballon orange. La mythique salle couverte de basketball a vu défiler des matchs de haute voltige et les joueurs y ont soulevé de multiples trophées au fil des années. En 2021, l’équipe féminine a même réussi l’exploit de remporter un doublé historique, coupe et championnat.

Aujourd’hui, cette salle où résonnent encore les chants des supporters zélés deviendra le théâtre d’un défi d’un nouveau genre, mais tout aussi important : celui de la guerre contre cette pandémie qui paralyse le pays et endeuille des familles.

Le maire de la ville, Rayen Hamzaoui, le plus jeune maire tunisien, a en effet annoncé lundi la transformation de la salle couverte d’Ezzahra en un hôpital de campagne. « J’ai discuté avec des hommes d’affaires locaux, des médecins, etc., et tous sont prêts à équiper cet hôpital de campagne, pour qu’il puisse accueillir dans les plus brefs délais des patients Covid-19, dont la situation nécessite une hospitalisation », a affirmé Rayen Hamzaoui.

Dès l’annonce de cette nouvelle dans ces circonstances si particulières, les actes se sont joints aux paroles. Les associations locales, mais également l’ensemble des riverains, se sont mobilisés de manière spontanée et ont répondu à l’appel de la mairie.

Hier, grâce à la générosité et au sens des responsabilités de plusieurs hommes d’affaires qui ont été sensibles à la démarche du maire, une vingtaine de lits ont déjà été montés sur le parquet de la salle couverte. Pour le moment, le coût total de l’opération dépasse les 100 000 dinars.

« Il s’agit d’un hôpital de campagne avec vingt lits suréquipés, explique Rayen Hamzaoui. Il y aura évidemment des médecins volontaires aux côtés de médecins qui seront présents en permanence ».

La mairie espère que cet hôpital d’appoint pourra être opérationnel dès demain, samedi. Notons par ailleurs que l’initiative est totalement locale et ne s’inscrit pas dans le cadre d’une stratégie des autorités centrales.

Sur les réseaux sociaux, un groupe a été créé pour fixer les besoins de l’hôpital de campagne et faire un appel aux dons. « Voici une liste provisoire de nos besoins pour ceux qui souhaitent contribuer à la mise en place de l’hôpital de campagne :  des concentrateurs d’oxygène, des lunettes d’oxygène, des oxymètres, des bavettes, des gants et du gel désinfectant », pouvait-on lire sur le groupe de discussion baptisé « Ezzahra ».

Selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, plus de 40% des tests effectués au gouvernorat de Ben Arous sont positifs. « Il est clair que la situation est préoccupante et en tant qu’élus locaux, nous ne pouvions pas rester les mains croisées en attendant que passe la tempête, nous avons le devoir d’agir ».

L’initiative prise par le maire de la ville démontre notamment que lorsque les élus locaux décident de prendre leurs responsabilités, la décentralisation, institutionnalisée par la Constitution de 2014, peut fonctionner et peut réellement apporter le changement positif escompté dans les collectivités.

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