Des personnalités nationales, notemment des écrivains, des artistes et des académiciens, ont exprimé leur soutien aux mesures exceptionnelles du président de la république, Kaïs Saïed.

En ce samedi 31 juillet, une lettre ouverte à l’opinion publique nationale et internationale a été publiée sur le compte facebook de l’ecrivaine et universitaire Olfa Youssef.

La lettre, en arabe, est signée par une trentaine de personnalités dont Olfa Youssef.

Le penseur Youssef Seddik, l’artiste plasticien Nja Mahdaoui et de l’homme de Théâtre Fadhel Jeaibi, sont parmi d’autres signataires.

La décision prise par le président Saïed, -en application de l’article 80 de la Constitution-, « ne constitue pas un coup contre la constitution ni contre la légitimité « , ont estimé les signataires, disant qu’elle intervient plutôt « en réponse aux réclamations du peuple tunisien ».

Les signataires se disent être « vigilants quand au retour de la tyrannie ou du monopole des pouvoirs par un parti unique ».

Ils refusent « toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays » et comptent sur la solidarité des pays amis pour « appuyer les choix du peuple tunisien ».

La lettre rappelle une Tunisie qui va mal et des réclamations populaires traduites dans les manifestations de dimanche dernier qui ont coïncidées avec la célébration de la fête de la République.

Conformément à l’article 80 de la Constitution, le président de la République a annoncé, le dimanche soir 25 juillet 2021, sa décision de « dissoudre le gouvernement et de suspendre toutes les activités du parlement ».

Dans une adresse aux Tunisiens, diffusée sur la chaîne TV Watanyia 1, Kaïs Saïed a annoncé ; « le président de la République se chargera du pouvoir exécutif aidé en cela par un gouvernement présidé un chef de gouvernement nommé par le Président de la République ».

Les signataires rappellent la conjoncture générale, peu favorable dans le pays depuis l’avènement de la révolution de 2011 et la chute de la dictature. « Depuis 11 ans, la Tunisie vit sous l’impact d’une crise aigüe qui touche à tous les secteurs », lit-on dans le texte de la lettre .

« La Culture a été terriblement marginalisée », peut-on surtout lire. « Ce secteur qui est la base du développement intellectuel et civilisationnel », a été placé au rang d’un simple « moyen de divertissement qu’il est possible de s’en passer », indique la même source.

Les signataires déplorent la mainmise de la classe politique sur « la plupart des médias dans un secteur qui est le quatrième pouvoir. »

« Économiquement, la notation de la Tunisie est au plus bas et le pouvoir d’achat est en détérioration continue ».

Les signataires sont inquiets quant à l’avenir dans un « pays fortement endetté ce qui constitue une menace pour la souveraineté nationale ».

En ces temps de pandémie et le pays qui connaît un taux de mortalité assez élevé, à cause de la Covid-19, « les services dans le secteur de la santé ont connu une dégringolade sans précédent ».

Face à ce chaos, les signataires ont fait constater que le parlement qui « ne joue plus son rôle. Il est devenu une arène pour les violences verbales et même physiques… »

La lettre donne un bilan assez sombre de la décennie de la transition démocratique. Elle évoque « la corruption ayant touché tous les secteurs dans un système politique miné par les calculs partisans et qui n’accorde aucune importance aux intérêts du peuple ».

S’agissant des démarches présidentielles visant les dossiers en lien avec le terrorisme et la corruption, les signataires lancent un appel afin que les personnes impliquées « soient jugées dans le cadre de la loi. »

Cependant, ils refusent de voir revenir « les personnes corrompues sur la scène politique ».

Les signataires se disent attachés aux principes de « la transition démocratique et de la préservation de l’État civil, des libertés publiques et de l’égalité entre les citoyens et les citoyennes. »

 

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