La finale de la Ligue des champions, il faut l’avoir vécue de l’intérieur, sur les gradins de l’enceinte de Radès. Nous avons bien dit gradins, car la tribune de presse, censée être un espace de travail, s’est transformée au fil des minutes en un gradin de supporters, voire un passage obligé vers la tribune d’honneur.
Pourtant, rien ne présageait à ce que le désordre s’installe dans la tribune de presse. Mais au vu de la tournure qu’a prise le match, les forces de l’ordre ont fini par être vite submergés. Entre les jets de bouteilles et de fumigènes et l’agitation sur le terrain : c’est parti dans tous les sens dès l’entame de la deuxième mi-temps, dès l’arrêt de jeu suite au but refusé au Wydad de Casablanca et l’interminable attente qui a suivi.

Tout a pourtant bien commencé…
Vendredi après-midi, il était 17h30 et la route menant au Stade de Radès commençait à se tamiser aux couleurs «sang et or». La majeure partie des journalistes accrédités pour couvrir la finale ont pris le chemin du stade afin de prendre place tôt dans la tribune de presse et, surtout, ne pas se trouver coincés dans un embouteillage monstre. Les portes du stade ont ouvert à 18h40 et à l’heure de la rupture du jeûne, les gradins de l’enceinte et du virage étaient quasi bondés de supporters qui commençaient à mettre de l’ambiance une demi-heure à peine après avoir rompu leur jeûne. Nous avons même eu droit à quelques banderoles. Sur la première, on pouvait lire : «Ne comparez jamais l’incomparable, perdez pas votre temps, Taraji est imbattable». Un message traduit sur le terrain par une nette domination de l’Espérance, concrétisée par le but de Youssef Belaili (41’). Un scénario à l’identique de la manche aller… ou presque…

But refusé et penalty non accordé!
Comme à l’aller, les «Sang et Or» ont dominé les débats durant la première période de jeu. Mieux, Mouine Chaâbani a opté pour un onze de départ plus offensif avec la titularisation de Saâd Bguir aux côtés de Belaili, Badri et Khénissi. Mais de tous ces quatre avants, Belaili, l’auteur du seul but de la rencontre, et Badri étaient les plus dangereux. Quant à Bguir, il s’est montré réellement dangereux sur une action suite à laquelle le banc de l’EST a réclamé un penalty, non accordé par l’arbitre.
Après la pause, nous avons eu droit à un scénario similaire ou presque de ce qui s’est passé une semaine plus tôt à Rabat. Après avoir ouvert la marque, les «Sang et Or» ont fléchi au moment où ils dominaient les débats et alors qu’ils étaient censés assoir leur emprise du jeu par un deuxième but. Mais comme à l’aller, ce sont les Casablancais qui se sont montrés les plus dangereux et ont fini par mettre la balle dans les filets d’un Rami Jéridi pas vraiment rétabli, ayant un mal fou à dégager la balle du pied.

Le chaos !
Y avait-il faute qui a précédé le but ou l’attaquant du Wydad était-il en position de hors-jeu ? Personne au stade ne pouvait avoir une réponse claire du moment où l’action s’est déroulée dans un nuage de fumigène. Personne au stade ne savait non plus pourquoi l’arbitre refusait aux Marocains le recours à la VAR et pourquoi toute cette agitation soudaine alors que le match se déroulait normalement dans une belle ambiance digne d’une finale de la Ligue des champions ? En l’espace de quelques minutes, le chaos s’est installé sur le terrain et l’attente de la reprise du jeu commençait à se faire longue. Après près d’une demi-heure d’attente, les officiels descendaient un par un. Tarak Bouchamaoui (membre du conseil de la Fifa et membre du comité exécutif de la CAF) était le premier à aller sur le terrain pour tenter de calmer les esprits et essayer de convaincre les joueurs du Wydad de reprendre le jeu, suivi de Wadii El Jarry (président de la FTF, Ahmad Ahmad (président de la CAF) et Hamdi Meddeb (président de l’EST).
L’intervention des officiels n’a rien arrangé et c’est après plus d’une heure d’attente que les présents au stade ont fini par comprendre que la VAR était en panne.
Entretemps, les joueurs ont fini par arrêter les exercices des échauffements.
C’est que tout le monde a fini par comprendre après la réserve déposée par le Wydad que le jeu n’allait pas reprendre. Il fallait attendre le verdict du comité exécutif de la CAF réuni en urgence à l’intérieur du stade pour décider du sort du match. Et c’est vers 1h00 du matin, après une longue attente d’une heure et demie que le verdict est tombé : la victoire est accordée à l’Espérance de Tunis sur le score de 1-0. Les passionnés du football et les observateurs ne connaîtront malheureusement pas ce qui aurait dû être la suite des débats après l’épisode du but refusé au Wydad. Au moment même où Mouine Chaâbani avait incorporé Hamdou El Houni qui avait fait son entrée sur le terrain sans pouvoir jouer une seconde. Nous étions curieux de voir la réaction des «Sang et Or» si le but du Wydad avait été validé. Nous étions avides de voir aussi quelle tournure aurait pris le match si le penalty avait été accordé à Saâd Bguir.
Personne ne saura la suite d’une finale qui a malheureusement pris une tournure sans précédent dans les annales du football, même si tout ce qui s’est passé n’atténue en rien le mérite de l’Espérance de Tunis.

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