Nous abordons, aujourd’hui, un thème d’une actualité brûlante : le transport. Durant la décennie en cours, rien n’a été fait pour en améliorer les conditions. En trois parties, nous essayerons de montrer l’incapacité des décideurs à trouver les vraies solutions.

Le secteur du transport en commun n’a jamais connu une situation aussi catastrophique. Le laisser-aller, l’insouciance et l’indifférence manifestés à son égard par les divers responsables qui ont défilé à la tête du Département sont la preuve de l’inexistence d’une volonté politique et d’une stratégie claire pour atteindre des objectifs qui ont été, pourtant, tracés du temps où on pouvait parler d’un Etat fort. Malgré la présence de cadres (anciens et nouveaux) compétents dans les différents rouages de ce secteur, la machine reste grippée en raison de nombreux obstacles dressés de partout sans que les autorités officielles parviennent à les surmonter. Des projets nés avant 2011 peinent à voir le jour. Des fonds importants ont été mobilisés depuis des années pour les réaliser mais des entraves, les unes plus bizarres que les autres, ont émergé. Des questions foncières insurmontables sont apparues ex nihilo, des considérations politico-sociales se sont ajoutées à ces obstacles, des apprentis-sorciers de la gouvernance locale exercent leurs talents occultes à bloquer un immense programme de transport ferroviaire, etc. C’est dans cette atmosphère délétère qu’on navigue à vue. Le tableau général n’est pas du tout reluisant si l’on en juge d’après ce que chacun de nous constate. Les usagers ont toujours le plus grand mal du monde à se déplacer dans tous les moyens de transport. Ni les bus, ni les métros, ni les trains n’offrent ce minimum de confort tant exigé.
Les difficultés énormes s’entassent et compliquent le quotidien des utilisateurs des transports en commun. Les parcs (de bus, de métros) sont de plus en plus insuffisants et ne parviennent plus à satisfaire une augmentation de la clientèle. Des manquements très nombreux sont observés sur tous les plans. Si on est compréhensif à l’égard de la dernière augmentation des tarifs, on reste, néanmoins, très critique quant à la qualité des prestations. Bien sûr, on dira que c’est toujours la même rengaine. Il est vrai que le niveau des services reste en deçà des espérances. Du côté des responsables, on prétextera le manque de ressources financières.
A notre sens, il y a un manque d’organisation, de bonne gestion et de gouvernance. L’argent n’est pas tout. Les mêmes maux existent depuis des décennies. Les usagers répètent les mêmes revendications. Les réponses n’existent pas. On continue à considérer le client comme un ignorant qui ne sait pas ce qui se passe à l’intérieur du secteur. Mais c’est une fausse opinion. Le client est pertinent et il a, seulement, besoin d’une bonne communication, évoluée et franche. Les responsables doivent reconnaître qu’il y a des carences qu’on peut réparer moyennant un minimum de savoir-faire et de pertinence. A commencer par la régularité des fréquences et le respect des horaires.
Il est révolu le temps où on mettait tout sur le compte de la densité du trafic routier pour justifier les retards. Si cela est valable pour certaines lignes de bus, on comprend mal ce qui se passe pour le métro. Pourquoi les fréquences ne sont-elles jamais respectées ? Sur une ligne donnée, la fréquence annoncée est de 8 minutes sur le papier alors qu’elle peut atteindre 20 ou 25 minutes dans la réalité. De ce fait, il s’ensuit un dérèglement qui se poursuit pendant plusieurs heures. On voit alors des métros qui se suivent à un intervalle de 3 ou 5 minutes tandis qu’un autre intervalle peut atteindre la demi-heure. On ne sait pas pourquoi la société concernée n’arrive pas à régler, une bonne fois pour toutes, cette question qui dure depuis des années. Cette situation perdure au point que les agents de la société eux-mêmes comptent sur leurs propres moyens. De nombreux employés sont, en effet, motorisés. Ils se rendent à leur travail à bord de leurs propres voitures.
On ne peut, certes, pas parler de ces aspects sans évoquer l’épineuse question des titres de transport. Aujourd’hui, la Transtu serait endettée à hauteur de 1.330 milliards de millimes. Elle enregistre d’énormes pertes dues à une tarification inadaptée et au phénomène de la resquille. On estime à près de 20 % des passagers qui ne payent pas leurs billets. Mais la réalité est plus importante. D’ailleurs, il y aurait, au moins, 8 milliards de pertes / an. Toutefois, nous pensons que l’opérateur a sa part de responsabilité dans cette situation. Il n’y a pas d’efforts soutenus pour lutter contre le phénomène de la resquille. Le contrôle à bord des moyens de transport ou à la descente n’est pas continu. Il se fait de façon sporadique et aléatoire. Pourtant, la Transtu, à ce que l’on sait, dispose d’un sureffectif qui pourrait être mis à contribution.
Demain : Besoin urgent de réorganisation

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