Cela fait quatre jours que les Kairouanais supportent des pics de chaleur atteignant 49 degrés avec des épisodes de sirocco très pénibles. Et ce sont surtout les bébés et les personnes âgées qui ont souffert de cette canicule. Quant aux jeunes vacanciers, ils sont restés cloîtrés chez eux dans un état semicomateux, faute d’espaces de détente et de loisirs. En outre, les maisons des jeunes sont désertées tant elles n’offrent pas d’activités culturelles intéressantes pour les jeunes et qu’elles manquent d’équipements et d’animateurs. Ramzi Najjar, 22 ans, étudiant, nous confie ses impressions concernant cet été caniculaire : «Pendant la sieste, il m’arrive de me réfugier dans un publinet climatisé et j’en profite pour me connecter au Net et chatter avec mes amis. Mais quand je rentre chez moi, l’ennui me saisit et je ressens la solitude, d’autant plus qu’il n’y a aucune activité culturelle à cause du coronavirus».
Par contre, d’autres jeunes dont Ali Jemmeli, étudiant en lettres anglaises, et Samir Romdhani, jeune diplômé, continuent leurs nombreuses rencontres nocturnes dans les cafés et les places publiques, sans oublier les cérémonies de mariage et de fiançailles. A part cela, il n’y a rien d’intéressant vu que Kairouan est une cité où fait défaut une véritable animation culturelle. En fait, c’est le désert culturel par excellence, d’autant plus que tous les festivals d’été ont été annulés. Et vu l’inexistence de salles de cinéma, de théâtre, de parcs aquatiques et de piscine (la seule piscine municipale a été fermée au public depuis plusieurs mois à cause de travaux de rénovation qui s’éternisent), les salles de jeux et les publinets sont devenus l’échappatoire pour la classe juvénile qui essaie d’échapper à la monotonie d’une ville où tout baigne dans l’ennui et la poussière.

Vivement les vieilles habitations !

Si beaucoup d’habitants affrontent cette canicule en recourant aux climatiseurs, aux ventilateurs, aux éventails et à l’eau fraîche, d’autres plus chanceux savourent la fraîcheur des maisons traditionnelles dont les vastes chambres, les «maksouras», les «squifas», les caves et la cour intérieure sont climatisés naturellement grâce à une architecture spécifique et à des matériaux de construction adaptés au climat semi-aride de la région.
Samira Atallah, 40 ans, obligée pour des raisons professionnelles, de passer l’été chez elle, nous confie ses impressions «Comme j’ai épuisé tous mes congés annuels, je me trouve obligée de supporter la chaleur torride de la cité aghlabide. C’est pourquoi je me réfugie des fois chez mes grands-parents dont la maison est située dans la Médina et qui est fraîche naturellement sans aucun climatiseur. Il m’arrive également d’aller passer quelques moments à Bir Barrouta et de flâner dans les vieux souks couverts et qui sont relativement frais…
Alors passer l’été à Kairouan n’est pas si pénible qu’on le prétend. Il faut juste trouver le moyen d’échapper à la canicule…».

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