Le problème d’évacuation et d’assainissement des eaux usées se pose avec acuité dans le gouvernorat de Nabeul. La mauvaise conception, le sous-dimensionnement du réseau et sa dégradation affectent considérablement son rendement et sa performance. Lorsque le réseau n’arrive plus à absorber le surplus d’eau, notamment en cas de fortes précipitations, ce dernier rejette les eaux usées, un mélange de rejets ménagers, industriels, détritus…, directement dans la nature ou à travers les bassins d’évacuation à ciel ouvert qui se trouvent dans certaines localités du gouvernorat, à l’instar de Tazarka (Tricha). « La décomposition des rejets génère des odeurs nauséabondes qui sont fortement incommodantes pour les habitants. Nous avons, d’ailleurs, effectué des sit-in afin de dénoncer cette situation, a souligné Larbi Derouiche, un habitant de la zone. Aujourd’hui, l’Onas, sous la pression des habitants, procède, de temps à autre, au pompage périodique des eaux usées qui stagnent dans ce bassin ».

Toutefois, les eaux usées domestiques représentent une source de pollution moindre en comparaison aux effluents  toxiques des zones industrielles du gouvernorat de Nabeul. En effet, les rejets des eaux usées qui proviennent  des usines situées dans les localités de Tazarka et Beni Khiar (usine de sardines, usine de cuir, usine d’abattage de poulets et de dindes…) ne sont pas évacués à travers le réseau d’assainissement de l’Onas, en raison de l’absence de stations d’épuration dans ces unités industrielles. Ces derniers sont, par conséquent, directement déversés dans la lagune de Tazarka, entraînant une dégradation notable de l’écosystème du site, classé, pourtant, zone protégée en vertu du Traité international de Ramsar et qui a fini par être déserté par les oiseaux d’eau, à cause de la pollution qui a causé des dégâts énormes à la faune et la flore maritime. Responsables de la pollution des plages, de la dégradation de l’environnement, ainsi que de la détérioration de la qualité des eaux de mer dans plusieurs gouvernorats, dont celui de Ben Arous, les eaux usées provenant des zones industrielles doivent faire l’objet d’une stratégie axée sur la gestion, l’assainissement et leur traitement à travers notamment, l’installation de stations d’épuration au niveau de chaque unité industrielle, afin que les rejets soient absorbés par le réseau d’assainissement de l’Onas au lieu d’être déversés dans la nature.   

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