Après une pause forcée d’une année à cause du covid, le «Cous-cous Fest», l’un des événements majeurs italiens du secteur, est revenu cette année avec une formule plus redimensionnée. Cette 23e édition, qui vient de se clore aujourd’hui même, a été sous le signe de la reconnaissance du couscous comme patrimoine culturel immatériel par l’Unesco. Cette prestigieuse reconnaissance de valeur avait été déjà annoncée depuis décembre 2019, marquant ainsi une victoire pour la Tunisie, pour les pays du Maghreb en général, mais aussi pour San Vito Lo Capo, cette petite ville touristique aux alentours de Trapani* en Sicile qui, depuis 1998, a institué le festival international du couscous, croyant ainsi en la force positive de cet événement extraordinaire lié au dialogue interculturel et à la Paix.

La candidature de ce plat maghrébin a été conjointement avancée pour la première fois à l’organisation des Nations unies, par quatre pays africains, sans aucune contestation de paternité : l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, même si concernant l’origine du couscous, nous n’avons aucune certitude mais plutôt plein de suppositions historiques, anthropologiques, culturelles et même linguistiques. Retracer l’histoire de ce plat assez compliqué à préparer n’est pas du tout évident, ses traces peuvent se retrouver chez les uns ou chez les autres, chez les berbères comme chez les musulmans ou bien chez les chrétiens ou chez les juifs. Je parlerais alors du couscous comme un plat méditerranéen qui rassemble les peuples, les cultures, les langues et les religions, un plat complexe et riche, comme la Méditerranée, un plat sacré pour les riches comme pour les pauvres, un plat païen et monothéiste, coloré et diversifié.

Chaque année, entre 15 et 30 pays du monde se donnent rendez-vous à San Vito Lo Capo, l’une de plus belles villes et plages de la Méditerranée. Dans ses ruelles, on entend parler plusieurs langues, des langues d’Afrique, parfois peu connues, mais aussi le français, l’arabe, l’anglais, l’espagnol ou bien le portugais. Des stands assez colorés montrent la grande richesse culinaire de ces pays et l’un des plus précieux aliments de leur région préparé à la viande, au poisson, aux herbes, aux légumes… : le couscous.

Chaque pays ramène ainsi ses costumes, sa musique, sa danse, ses couleurs, sa façon de manger…, tout le monde se côtoie, discute, échange ses idées, et tout ça, grâce au couscous.

Toute la Méditerranée s’y retrouve !

La ville de San Vito Lo Capo devient ainsi, pendant dix jours, la capitale de l’intégration, de la paix, du dialogue et de l’échange.

Chaque année, de grands chefs viennent dans ce beau coin de l’ouest de la Sicile pour vivre une expérience unique, face à l’atmosphère multiethnique des cuisines de San Vito Lo Capo, préparant un couscous original et savoureux, entouré d’un public de plus en plus attentif, expert et varié.Cette pitance incarne donc toutes les qualités de notre « grand lac salé » comme Fernand Braudel aimait définir le « mare nostrum ». Le couscous rassemble et unit les rives de la Méditerranée, réussissant à créer des liens entre les peuples, les rapprochant tout simplement à travers des simples pratiques et connaissances communes.

Qui aurait pu penser que le cous-cous avait ce pouvoir ?   

*Le plat typique de la ville de Trapani et de sa région est le cous-cous au poisson

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