De nombreux élèves, notamment en milieu rural, continuent de manquer les cours à cause de l’absence de moyens de transport scolaire.

D’après la Ligue tunisienne des droits de l’Homme à Kairouan, 4.500 élèves font chaque jour 5 km à pied pour se rendre à leur école, ce qui constitue un vrai handicap car, en cours de route, été comme hiver, les jeunes élèves peuvent faire de mauvaises rencontres avec la présence de sangliers, de chiens errantes et de délinquants.

On se souviendra toujours des deux jeunes écoliers (une fille et un garçon) âgés de 10 ans, qui se rendaient à leur école à Bir El Wassfane (délégation de Bouhajla) et qui ont failli être kidnappés par deux contrebandiers. Le passage à ce moment-là d’ouvriers agricoles leur a sauvé la vie.

En outre, deux jeunes collégiennes, qui se rendaient à pied à leur collège à El Kabbara (délégation de Nassrallah), ont été kidnappées par un délinquant conduisant un véhicule sans immatriculation.

En route, l’une d’elle a réussi à prendre la fuite, alors il a essayé de violer la deuxième petite fille que s’est mise à pleurer et à crier. Devant son refus de lui céder, il a fini par l’emmener à Sidi Bouzid et la déposer près d’une station de louage.

Des élèves ont subi des accidents

Dans les  localités rurales éloignées, oubliées et défavorisées, il n’y a pas de moyens de transport scolaires, ce qui oblige les écoliers à emprunter des camionnettes de fortune, à monter à dos de mule ou à parcourir plus de 5 km à pied pour arriver à l’école. D’où les nombreux accidents enregistrés ces dernières années.

Ainsi, on citerait, à titre d’exemple, le cas de Hanène, 13 ans, du village d’Aouled Achour (délégation de Bouhajla), qui se rendait, le 27 septembre 2021, à son collège à l’arrière d’une camionnette.

En cours de route, un frigidaire est tombé sur elle, provoquant des blessures et une hémorragie interne. Transportée à l’hôpital de Kairouan pour des soins intensifs et une intervention, elle succombe à ses blessures, 10 heures plus tard.

Par ailleurs, les bus transportant les élèves, notamment aux heures de pointe, avec peu de sièges, prennent en charge deux fois plus que le nombre d’élèves autorisés.

Beaucoup de risque et de danger, surtout en cette période de pandémie, c’est ainsi que le 20 septembre 2021, une lycéenne âgée de 14 ans, originaire du village d’Essarja (délégation de Hajeb El Ayoun), s’est retrouvée coincée dans le bus ayant pris des passagers en plus du nombre de places autorisées.

C’est alors qu’elle a subi une crise d’asthme générée par le manque d’air et il a fallu la transporter à l’hôpital pour y recevoir les soins nécessaires.

Enfin, il arrive que des élèves qui terminent les cours à 18h00, ne trouvent aucun moyen de transport pour rentrer chez eux. C’est ce qui a obligé des élèves du lycée de Haffouz à passer la nuit dehors, et ce, le mois de janvier 2021, par un temps pluvieux et glacial, vu que leurs villages sont loin, dans les délégations d’El Ala et Hajeb El Ayoun.

Il va sans dire que le manque de moyens de transport et les difficultés rencontrées par les élèves obligent beaucoup de parents à retirer leurs enfants de leurs établissements, d’où le nombre important du décrochage scolaire qui s’élève à 17% dans les écoles primaires, à 16% dans les collèges et à 12% dans les lycées.

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