Hier, devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), plusieurs journalistes, des militants des droits de l’Homme et des responsables d’organisations de la société civile se sont rassemblés pour protester contre les violences qu’ils subissent au quotidien en accomplissant  leur travail.

Au moment où la situation politique devient de plus en plus inextricable dans un contexte marqué par une polarisation d’un nouveau genre, les journalistes, qui ont accompagné la transition démocratique depuis 2011, semblent condamnés à payer les pots cassés.

Dimanche dernier, lors d’une manifestation hostile aux décisions du Président de la République, l’opinion publique a vu comment des journalistes professionnels ont été pris pour cible par des protestataire. Les journalistes, éternels boucs émissaires des différentes ères politiques, quel que soit le degré de leur professionnalisme, travaillent désormais dans des conditions très difficiles. Leur rôle est indispensable, ils permettent d’informer le public sur ce qui se passe réellement, et sensibilisent les citoyens sur les véritables enjeux du pays. Pourtant, ils sont attaqués de toutes parts et de toutes les obédiences politiques. Socle indissociable d’une démocratie véritable, le journaliste est aujourd’hui menacé. Hier, devant le siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), plusieurs journalistes, des militants des droits de l’Homme et des responsables d’organisations de la société civile se sont rassemblés pour protester contre les violences qu’ils subissent au quotidien en accomplissant  leur travail.

Malgré le travail qui a été entamé entre le Snjt et le ministère de l’Intérieur, pour protéger au mieux les journalistes de terrain qui couvrent les manifestations, le bilan des agressions reste beaucoup trop élevé.

Les protestataires réunis devant le siège du Snjt ont dénoncé la multiplication des campagnes de dénigrement et d’incitation contre les journalistes, dont le seul tort est de tenter de faire correctement leur travail.

Selon les responsables du syndicat des journalistes, la situation devient de plus en plus intenable, et il devient « quasi-impossible » pour un journaliste de travailler lors des grandes manifestations comme celle de dimanche dernier.

Pire, toujours selon le syndicat des journalistes, même lorsque les journalistes réagissent en intentant des procès contre les auteurs des agressions, ces derniers bénéficient la plupart du temps d’une impunité éhontée.

Preuve qu’il existe véritablement une milice qui travaille sans relâche pour dénigrer, inciter à la violence contre les journalistes, la publication du Snjt sur sa page Facebook relative au sit-in des journalistes a été prise d’assaut par des individus agressifs. « Presse de caniveau », « vous faites plus de mal au pays que ce qu’a fait l’occupant », « les citoyens vont désormais user des gifles contre vous », autant de commentaires qui donnent froid dans le dos et qui annoncent un avenir très incertain pour la liberté de la presse dans notre pays.

Photo: Salma GUIZANI

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