Les événements qui se succèdent depuis le 25 juillet confirment ce que tout le monde savait ou ne voulait pas voir : la révolution a été dévoyée, le pouvoir confi squé et l’Etat détourné au profi t d’une camarilla.

Le système qui a accaparé le pouvoir et ses avantages répond à la défi nition juridique d’un système mafi eux. Cela étant dit, deux questions se posent, les mêmes d’ailleurs que celles de 2011 : comment a-t-on pu en arriver là ?

Comment éviter que cela ne se reproduise plus ? A cet égard, des critiques légitimes se sont élevées contre le système politique et le code électoral qui ont généré des exécutifs faibles, éclatés. Mais on ne peut faire l’économie d’une critique de fond portant sur les lacunes en matière de gouvernance, réelles et avérées.

En d’autres termes, ce n’est pas seulement un problème d’hommes, mais aussi et surtout un problème de système. Revenons au droit et à son application. Créons des contre-pouvoirs et assurons-nous qu’ils fonctionnent. N’oublions pas les contrôles et la régulation, la transparence, la reddition des comptes. L’éthique !

Tous ces termes renvoient aux principes de bonne gouvernance. Et la bonne gouvernance nous fait revenir toujours au droit, si nous voulons que celle-ci fonctionne d’une manière auto-entretenue, indépendante des personnes. Car il faut oublier défi nitivement le mythe du sauveteur vertueux. Non pas qu’il n’existe pas ; mais en cela que l’on ne peut pas lier le destin d’un pays à une seule personne, faillible et mortelle par défi nition. En d’autres termes, revenons donc au droit. Prenons le cas de la reddition des comptes.

Qui doit rendre des comptes ? Qui doit décider que telle personne a failli ? Qui a la charge de la preuve ? Comment faire respecter la présomption d’innocence ? Comment éviter que la reddition des comptes ne tourne au cirque romain ? Pendant près d’une décennie, la Tunisie était livrée à des brigands, des plus petits aux plus grands, chacun dans son domaine, parfois ils traversaient les activités. Multisectoriels, ils étaient. Vampirisant un pays qui sombrait. Pour l’heure, si un récit national est en train indéniablement de s’écrire, il faut que les suspects restent présumés innocents, que leurs droits soient respectés. Le respect du droit, y compris par ceux qui détiennent le pouvoir de la force publique et le pouvoir judiciaire, n’est pas un concept creux dans une démocratie ou qui aspire à le devenir.

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