Plusieurs séances de travail ont été consacrées, ces dernières semaines, aux préparatifs de la saison agricole 2021-2022 et à l’adoption de certaines mesures destinées à en garantir la réussite, et ce, malgré une situation peu confortable due au manque de précipitations et à une sécheresse qui a trop duré.

Le secteur agricole irrigué dans le gouvernorat de Kairouan, notamment celui dépendant des eaux pluviales des barrages de Nebhana (il ne contient actuellement que 1,945 million de m3, soit environ 3,5% de sa capacité de remplissage qui est de l’ordre de 58 millions de m3), de Sidi Saâd (il ne contient actuellement que 31,3 millions m3, alors que sa capacité de remplissage est de 154 millions m3) et de El Houareb, (un ouvrage hydraulique malheureusement vide, alors que sa capacité de retenue est de 58 millions m3), passe par une période très critique.

Ainsi, plusieurs zones agricoles qui étaient luxuriantes sont actuellement dénudées de leurs verdures, notamment autour des périmètres irriguées de Aïn Boumorra (délégation de Sbikha), de Sidi Mansour (Chebika) et de Sisseb.

Donc, seules d’abondantes précipitations amélioreront la situation hydrique dans le Kairouan et rendront le sourire aux agriculteurs.

Notons que la sécheresse sévissant dans la région inquiète, en plus des agriculteurs, les éleveurs de bétail qui, en l’absence de végétation sur les pâturages naturels, cherchent les vendeurs de concentrés et de fourrages pour nourrir leurs bêtes. Malheureusement, la demande a dépassé l’offre, d’où le recours aux marchés extérieurs pour importer suffisamment de nourriture pour le cheptel, notamment  pour l’élevage ovin. A signaler que le gouvernorat de Kairouan, avec plus de 426.000 unités femelles, vient en tête du classement de l’élevage ovin dans le pays.

Grandes cultures

Selon les services du Crda, les superficies allouées cette année aux grandes cultures atteindront 85.000 ha (60.000 dans le secteur pluvial et 25.000 dans les périmètres irrigués desservis à partir des eaux des forages et des puits de surface). Presque les mêmes superficies  que celles réservées à la céréaliculture au cours de la saison précédente.

Néanmoins, beaucoup d’agriculteurs n’ont pas assez de moyens pour l’achat des intrants de plus en plus chers, ce qui les pousse à recourir au marché parallèle.

En outre, beaucoup d’exploitants agricoles souhaiteraient le rééchelonnement de leurs dettes afin de ne pas être obligés d’en contracter d’autres.

La production de piments en hausse

Par ailleurs, selon les services du Crda de Kairouan, la récolte de piments de cette année a atteint 100.000 tonnes contre 91.000 en 2020-2021. Et les superficies réservées à la culture du piment sont de l’ordre de 6.700 ha contre 6.500 au cours de la saison précédente.

Notons que le gouvernorat de Kairouan occupe la première place à l’échelle nationale dans la culture du piment. Et les principales délégations productrices de piment sont Sbikha, Chebika, Kairouan-Nord et Kairouan-Sud.

1.720 ha réservés aux cultures d’agrumes

La culture des agrumes a été introduite dans le gouvernorat de Kairouan en 1948 et plus particulièrement dans les périmètres irrigués de Aïn Jloula. Et les facteurs climatiques caractérisant la région font que les agrumes mûrissent d’une manière précoce, comparées à celles du Cap Bon.

Les superficies réservées aux cultures d’agrumes sont autour de 1.720 hectares, surtout dans les délégations de Sbikha et de Chebika.

D’un autre côté, le coup d’envoi de la cueillette de la récolte oléicole de cette année a été donné le 25 octobre.

On estime la production d’olives à 146.000 t (35.000 t d’huile) dont 97 mille proviennent des oliveraies du secteur irrigué. Notons que la sécheresse et les fortes chaleurs n’ont pas aidé les olives à se développer convenablement, notamment pour les superficies agricoles habituellement irriguées par les pluies, c’est ce qui explique la mauvaise qualité des olives.

2.400 ha pour les cultures des grenadiers

En outre, il y a un autre problème qui menace la récolte oléicole, outre la rareté de la main-d’œuvre, c’est celui relatif à la présence depuis quelques semaines d’un grand nombre d’étourneaux ayant élu domicile dans les forêts d’acacias et dans les vastes étendues d’oliviers pour passer un hiver doux et se nourrir d’olives et s’attaquer comme chaque année à la récolte oléicole.

Des autorisations sont délivrées aux agriculteurs pour chasser ces passereaux indésirables et les capturer à l’aide de filets. Les superficies réservées aux cultures des grenadiers dans le gouvernorat de Kairouan sont de l’ordre de 2.400 ha, notamment dans les délégations de Chebika, Bouhajla et Kairouan-Nord. La production prévue pour cette année est de 15.000 t contre 14.500 l’année dernière.

Souhaitons que tous les facteurs humains et surtout climatiques soient réunis pour réussir une bonne saison agricole.

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