Après les JCC voilà que pointe la 7e édition des JMC (18-23 décembre). Un événement à notre avis.

Pas seulement pour le programme et la sélection annoncés, le niveau des candidatures retenues. Simplement, principalement, et l’on y insiste, parce que ces journées musicales sont encore présentes. Résistent, malgré tout.

A quoi au juste ?  Rappelons.

Les JMC ont vu le jour en 2010 en remplacement du traditionnel festival de la chanson. Le vieux festival régressait. En audience, en contenu. En «mœurs», surtout. Les concours étaient devenus des batailles, et les délibérations des jurys fondaient dans des «luttes de clans». Ni Art ni moralité, ni réputation, avec, en sus, un monde musical en total bouleversement, et une culture et des goûts qui changeaient. Il fallait nécessairement réagir, opérer le choix qu’il faut. Le choix nouveau.

On en vint ainsi à l’idée de journées musicales (à l’image des Journées du théâtre et du cinéma) qui engloberaient tous les genres à la fois, qui répondraient au changement d’époque et des goûts.

La première édition s’y conforma aussitôt. Mais sans excès… Et sans suite. Révolution «oblige» il y eut rejet de tout ce qui, de près ou de loin, «s’apparentait» à Ben Ali. Plus un mot de journées musicales jusqu’à la reprise, cinq années plus tard, et une édition réellement novatrice, et fondatrice, cette  fois-ci. Axée(comme y rappelait récemment, le directeur initiateur, le talentueux Hamdi Makhlouf) sur «le génie créateur et la fougue de la jeunesse». Génie créateur et fougue de la jeunesse: chanson classique et festival de la chanson étaient-ils ainsi exclus ? On a pu le craindre. On a pu le croire. Le fait est que la génération ancienne a comme conclu à la trahison et engagé le combat depuis. Le combat pour le retour du vieux festival et contre les JMC. Un combat qui a paru improductif, un moment. Inégal, dépassé, tant les différences de générations sont claires. Mais un combat qui n’arrête pas de pencher du côté des anciens. Les anciens restent influents dans l’administration culturelle, dans les médias, gardent un peu la main dans le giron du pouvoir. Résultat, aujourd’hui, après six éditions de journées musicales, «le rapport de force» est plutôt l’inverse. Le  vieux festival de la chanson a tout simplement repris. Tandis que les brillantes et récentes JMC n’en sont, juste, qu’à résister, pour durer…

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