Crédit : RYAD KRAMDI / © AFP


98 personnes, dont 2 femmes, se sont déclarées candidates à l’élection présidentielle du 24 décembre. Plusieurs villes appellent déjà au boycott du scrutin.


Par Abdel Aziz HALI

C’est un véritable essaim. Au total quatre-vingt-dix-huit (98) candidats, dont deux femmes, à la présidentielle libyenne prévue le 24 décembre prochain ont déposé leur dossier aux différents bureaux — Tripoli (73), Benghazi (12) et Sebha (13) — de la Haute commission électorale (HNEC), selon le rapport de l’instance électorale, publié, aujourd’hui, sur son site officiel.

 

Une infographie illustrant le nombre des prétendants à la présidentielle libyenne prévue le 24 décembre 2021 et la répartition des 98 dossiers de candidature déposés dans les trois bureaux de la Haute commission électorale (HNEC) à Tripoli (73), Benghazi (12) et Sebha (13). (Source: hnec.ly)

 

Parmi eux des figures politiques et des seigneurs de guerre plus ou moins clivants de l’est et de l’ouest du pays: le sulfureux homme fort de l’Est et chef de l’autoproclamée « Armée nationale libyenne » — qui a mené la guerre contre Tripoli (d’avril 2019 à juin 2020) — le maréchal Khalifa Haftar, le fils de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi (Seif al-Islam), l’homme d’affaires et actuel Premier ministre intérimaire Abdelhamid Dbeibah, le très controversé président du Parlement libyen Aguila Saleh, le puissant ex-ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, l’énigmatique ancien Premier ministre Ali Zeidan, etc.

Toutefois, les dossiers de candidature de cette armada de postulants au poste de chef d’État devrait passer par le tamis du procureur général et des services de la Brigade criminelle ainsi que la Direction générale des passeports et de la nationalité pour vérifier la conformité de leurs données, conformément à la loi numéro 1 de 2021 relative à l’élection du président de la République.

À un mois de cette historique présidentielle, les conditions pour des élections crédibles et libres sont loin d’être réunies. Des villes de la Tipolitaine — Misrata, Zaouia et plusieurs autres cités —, à travers leurs conseils de notables, ont déjà appelé au boycott du scrutin.

Parallèlement, plusieurs centres de vote ont déjà baissé le rideau, notamment à Gharian, Khoms, Zintan et Zaouia, pour protester contre certaines des candidatures déclarées, notamment celle de Seif al-Islam, mais également par opposition aux lois électorales adoptées par la Chambre des représentants (Parlement de Tobrouk) et taillées sur mesure pour les candidats (Haftar et Saleh) de la Cyrénaïque.

Si l’appartenance tribale et géographique des prétendants va peser lourd sur cette présidentielle, d’autres facteurs seront déterminants dans cette guéguerre électorale, notamment le rôle des factions armées locales (milices et brigades) et l’influence des forces étrangères déjà impliquées dans le récent conflit libyen.

A.A.H.


 

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