Avec le recul du corona et le quasi-retour à la normale, le sentiment,ici,est que tout va emprunter le pas au « 25 juillet ».

Faux,expérimentalement faux.

Un peuple qui se libère ne résout pas,forcément, les problèmes d’un pays. Voire les « révolutions», aussitôt satisfaites,aussitôt célébrées,affrontent la « pire » des épreuves : celle de gouverner. Et gouverner après une révolution c’est d’abord et avant tout faire face aux mauvais cumuls,aux ratages et aux manques du passé. C’est,aussi,et surtout, distinguer les vraies urgences et les vraies priorités. C’est agir non pas dans «l’enthousiasme militant », mais en fonction des seules et strictes réalités. Voici quatre mois que nous vivons l’après-25-juillet, mais hélas rien de cela.  Ou alors peu,si peu. Des Tunisiens se sont soulevés en masse,et le plus clairement du monde, contre la décennie de malheur,contre l’islam politique, contre la corruption. Des Tunisiens, par millions, ont approuvé et fêté l’article 80 et ses mesures d’exception. Des Tunisiens, à tous les niveaux, ont espéré une troisième république, un nouveau code électoral, un référendum, de nouvelles élections, une nouvelle constitution. Les aura-t-on écoutés ? En aura-t-on tenu compte ? Jusque-là pas grand-chose, quelques arres  tations sans suites notables, de rares dossiers sans conséquences. Mais Ennahdha et ses ex-magistrats de service circulent librement. Et le siège  d’El Qaradhaoui se maintient à Tunis. A quoi s’occupe Carthage pendant ce temps ? Nul ne sait encore. Nul ne sait vraiment. La crainte, aujourd’hui, est qu’on ne le sache qu’après coup. Peut-être,une fois que «le système des majaless» sera installé. Première priorité (première urgence nationale) «larguée».

Pas la seule, bien sûr, pendant que l’après-25-juillet vaque au lointain et brumeux projet des «majaless», aux slogans et oraisons.

Il y a encore les trois autres héritages de la décennie de malheur : l’économie,l’écologie et le chômage.

L’économie pour nous équivaut à un surendettement faramineux. Dangeureusement cumulé. Régulièrement retardé. Ignoré jusqu’à quelques semaines, à peine au lendemain du gouvernement Bouden.Avec le résultat qu’on sait,la course improbable derrière le FMI. L’écologie ce sont les déchets et le surentassement de déchargeurs désormais hors d’emploi. De grandes villes pourrissent ; des délégations entières. Mais on vient,  à peine,  d’y penser. Renouveler les déchargeurs est une urgence vitale. Curieux qu’on leur préfère les projets lointains et brumeux. Que l’on ne s’en rende compte que maintenant. Le chômage,  enfin,  se résume à l’affaire de l’article 38. Annùlé après avoir été adopté et signé. Des contestations massives dans le pays. Mais sans des solutions en vue. N’aurait-il pas fallu procéder par ordre ? Par le bon ordre. Réparer d’abord tous les dégâts. Et renvoyer les projets et les » réflexions de système » à de plus justes moments.

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