La première de « Démo » effectuée face à un public d’invités à l’Espace 77 s’est déroulée sur 1h45, mise en scène par Moez Gdiri. Les comédiens, tous âges confondus, ne sont autres que la troupe de l’école de l’Espace 77, membres-acteurs d’un travail scénique collectif mis à bout.


« Démo », diminutif de « Démonstration », se référant au terme « Diffusion test » est interprétée par une troupe d’actrices et d’acteurs passionnés. Costumes haut en couleur, souvent flashy, burlesques, mouvements divers, musique commerciale retentissante et lumière ont donné vie à la scène de l’espace 77. La trame de la pièce revient sur les 10 années de la révolution : ses espérances vaines, ses objectifs avortés, ses tournures dramatiques, sa crise pesante et son impact creux sur le peuple tunisien et sa génération à venir.

Dans un registre d’humour noir, de sarcasme, de piques et d’humour grinçant, les comédiens s’échangent les répliques dans une mise en scène, mettant en avant les studios d’un plateau de jeu télévisé, en référence aux « talk-show » tunisiens et au rôle pas forcément impactant qu’ils ont joué pendant la transition démocratique. Cette télé, génératrice de sensationnel, de buzz, de valeurs basses, de manipulation reste le plus souvent tout sauf édifiante.  « Démo » évoque la détresse des jeunes et  leur désarroi : interrogations, peur, crainte et avenir flou dans un contexte économique et sociopolitique glissant : la révolution et ses aléas sont relatés autrement à travers un texte bien ficelé, miné de sous-entendus et de dérision, écrit par Mohamed Saber Oueslati et Moez Gdiri. En revanche, une apparente expression corporelle, mimique et gestuelle interpelle.  Moez Gdiri a déclaré en fin de spectacle : « Le théâtre est composé de trois unités : celle du temps, de l’action et du partage énergétique et celle de l’espace». Et c’est aux jeunes que revient le dernier mot.   

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