La Ville de Kairouan compte beaucoup de monuments au sein des principaux ronds-points. On citerait ainsi le monument du Tapis, à l’entrée nord de la ville, le monument de la Terre du côté de la route de Sousse, le monument du Coran bleu en face de la piscine municipale, l’Astrolabe situé en face de la Mosquée du barbier et la Cascade des poètes inaugurée par le grand poète Nizar Kabbani, lors de la première session du Festival international du Printemps des Arts.

En outre, le jet d’eau édifié il y a 15 ans dans la place du Maghreb arabe ne fonctionne plus depuis plusieurs années et est devenu, de nos jours, un dépotoir d’ordures. Par ailleurs, la cascade des poètes est vétuste et hors d’usage. A part cela, le rond-point entourant le monument du Tapis, et qui était embelli par des géraniums, est de nos jours délaissé.

D’autres ronds-points, comme celui où est placé le grand couscoussier en cuivre à l’entrée sud de la ville, méritent d’être mieux entretenus afin qu’ils retrouvent leur éclat et deviennent des lieux d’attraction pour les citoyens et les nombreux visiteurs tunisiens et étrangers.

Négligence architecturale

Notons dans ce contexte que le rond-point situé à Bab Jédid est surchargé par deux énormes ancres, d’où la réaction d’un groupe de touristes du 3e âge en compagnie de leurs guide : «Monsieur, est-ce qu’on va visiter maintenant le port de Kairouan ?»

Surpris par cette question, le guide a dû expliquer que Kairouan se trouve à 60 km de la mer et que ces deux ancres appartenaient à Sidi Amor Abada, qui aimait fabriquer des objets grandioses, des fusils démesurés, des sabres et des pipes géantes, et…

En fait, on aurait dû mettre une plaque explicative ou choisir un autre objet en harmonie avec le cachet historique de la ville. L’histoire relève que Cheikh Sidi Amor Abada fut élevé à Kairouan où il est devenu, après un long apprentissage, un bon forgeron. Il se fit remarquer  par son intérêt à l’égard des gens nécessiteux et il bénéficia de l’estime du Bey Ahmed Pacha, auquel il a  demandé de lui offrir ces deux ancres qui ont été transportés sur des chars de l’armée beylicale de Porto Farina (Ghar El Melh actuellement) et de Radès à Kairouan.

Mais pourquoi, donc, voulait-il ces deux ancres? Est-ce pour évoquer la frustration des Kairouanais privés de plage? Est-ce pour compenser un manque dans une ville non côtière? Est-ce par attachement aux Beys de Tunis?

Embouteillages !

La circulation est de plus en plus dense dans la cité aghlabide. Des bouchons monstres se forment à chaque fois et  les usagers rencontrent d’énormes difficultés pour se rendre d’un  quartier à l’autre.

Il faut dire que les étalages anarchiques  des vendeurs à la sauvette ont envahi tous les quartiers de la ville. On les trouve sur les grandes artères, à proximité des principaux marchés… Non seulement, ces vendeurs occupent les trottoirs, mais ils s’approprient la chaussée et vendent leurs marchandises à même le sol sur les cartons sans se soucier des véhicules qui ne peuvent plus se frayer un chemin et qui doivent emprunter d’autres routes plus dégagées.

Ce spectacle désolant d’un autre âge constitue un risque pour les piétons qui sont contraints de marcher au milieu de la chaussée.  En outre, l’aménagement de la place côtoyant la porte des Martyrs (Bab Jalladine) serait une des autres causes de ces embouteillages. En effet, cette place, qui constituait le point névralgique de la ville, a perdu de son dynamisme, en l’absence d’un parking pour les voitures  et notamment pour les bus touristiques.

L’aménagement de parkings pourrait décongestionner une circulation de plus en plus difficile. Et beaucoup de citoyens suggèrent la suppression pure et simple de l’esplanade afin que Bab Jalladine retrouve sa splendeur d’autan avec beaucoup d’espaces, pour les véhicules et les piétons.

Animaux errants

A Kairouan, des troupeaux de brebis, de chèvres et de vaches sillonnent les différents quartiers de la ville.

Ils mangent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage et ont quartier libre, malgré l’existence d’une loi municipale qui prohibe l’élevage  dans le périmètre communal.

Par ailleurs, des charrettes tirées par des chevaux circulent partout en ville et causent des accidents mortels dus à l’imprudence de leurs propriétaires qui ne pensent qu’au gain facile et qu’à vendre leurs fruits et légumes sans même connaître l’abc du code de la route.

Mais là où le bât blesse, c’est la présence de hordes de chiens errants qui causent une peur terrible aux habitants de certains quartiers qui craignent d’être agressés à tout moment, surtout le soir.

Tout le monde espère que les efforts des différents responsables pour mettre fin à ce phénomène, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, soient renforcés davantage pour la sécurité de tous les citoyens.

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