Au marché, dans les grandes surfaces, dans les moyens de transport, à la mosquée, là où on est coude à coude, le masque n’est plus qu’un vague souvenir.


Don des USA, un lot de 2.500.000 doses de vaccins anti-covid 19 a été réceptionné par le ministère de la Santé. Ce vaccin a été fabriqué par les laboratoires américains Pfizer et Johnson&Johnson (J&J).

Cela n’a pas manqué de déclencher une polémique, bien entendu par ceux qui, à n’importe quel prix, cherchent des poux dans la tête de celui qui fait le travail et ne se contente pas de juger à partir de son bureau bien chauffé. Certes, ce vaccin a été déconseillé en raison des risques de thrombose qu’il a déclenchée. Une cinquantaine de cas ont été attribués directement à J&J aux USA. Les caillots sanguins, du reste rares, ont alerté les autorités sanitaires américaines. Neuf décès en rapport avec le vaccin J&J ont été dénombrés aux Etats-Unis. Le communiqué n’a précisé ni le nombre de personnes vaccinées avec J&J, dans un pays qui compte 329,5 millions habitants en (2020), ni l’âge, ni les antécédents des personnes décédées. La guerre entre les laboratoires veut que tous les coups soient bons, pourvu que l’adversaire perde de sa crédibilité.

Entre des mains expertes

Celui qui a envoyé ces doses en Tunisie connaît parfaitement de quelle manière fonctionnent les services de santé dans notre pays. Il sait que don ou payé cash, ce produit passera son examen entre des mains expertes, qui ne prendront jamais, au grand jamais, le risque d’exposer leurs concitoyens à un danger mortel. Le comité scientifique tunisien est composé d’hommes et de femmes qui connaissent leur travail. C’est dire qu’en cas de risque, même minime, ce vaccin ne sera jamais utilisé. Tout en sachant que le vaccin J&J est toujours sur le marché américain, et que l’utilisation des vaccins J&J n’a posé aucun problème en Tunisie.

Dès lors, pourquoi poser un problème qui n’en est pas un. Du moins pour le moment. Ce qui est important à notre sens, c’est que la Tunisie doit sérieusement se préparer, tel que le font presque tous les pays du monde, en prévision des prochaines vagues et de leurs variants. Le covid, tout comme la grippe, risque de devenir saisonnier.

Il faudrait dans ce cas budgétiser son coût (on n’aura pas toujours des dons) et surtout mettre en place, dès à présent, la logistique exigée pour éviter des surprises. Pour la grippe saisonnière, nous avons eu une belle surprise avec la dose de vaccin de grippe saisonnière à plus de cinquante dinars ! Qu’en sera-t-il du vaccin covid-19 avec un pays économiquement à genoux et qui cherche à sortir la tête de l’eau ? Le citoyen sera-t-il obligé de payer sa dose de vaccin, alors que les caisses sont à sec et ne reconnaissent pas cette maladie infectieuse ?

Bien entendu, tout dépendra de l’évolution de la pandémie et des conclusions qui seront tirées de l’actuelle campagne de vaccination. Les scientifiques pensent que des doses de rappel seront « vraisemblablement » inoculées à la population pour lutter contre ce covid qui n’a pas dit son dernier mot. Nombre de pays européens, et même africains tel que le Maroc, ont relevé une résurgence surprenante alors qu’une bonne partie de la population a été vaccinée.

Comment fermer cette parenthèse ?

La France, avec cinq vagues et deux ans de lutte, se demande de quelle manière va-t-elle fermer la parenthèse ? Avec l’apparition de nouvelles variantes, la remise en question demeure essentielle dans un pays qui se targue de posséder des services de santé des plus performants. Quatre-vingt-dix pour cent des personnes majeures ont reçu deux doses de vaccin en France. Pourtant le virus fait encore des victimes en occupant le terrain. Le voir disparaître n’est plus à l’ordre du jour. La vaccination a, certes, limité l’impact de la pandémie, resserré le champ de propagation avec l’énergique campagne de vaccination appliquée mais le risque demeure réel. Et c’est pour cette raison que nous devons absolument tenir bon, ne pas baisser la garde, insister pour que les gestes barrières demeurent de rigueur.

Nous avons sans doute tous remarqué, ces derniers temps, que tout a été oublié. Au marché, dans les grandes surfaces, dans les moyens de transport, à la mosquée, là où on est coude à coude, le masque n’est plus qu’un vague souvenir. Beaucoup de ceux qui ont été interrogés à propos du non-respect des gestes barrières sont convaincus que la pandémie est derrière nous. C’est un tort et c’est la faute des services d’information du ministère de la Santé qui devraient reprendre leur campagne pour inciter les citoyens à ne pas prendre de risque. Des descentes surprises dans les lieux de grande affluence sont nécessaires. Sans cela tout ce qui a été fait risque d’être remis en question par ce laisser-aller.

Comme la grippe saisonnière

Chaque année, le vaccin de la grippe saisonnière est inoculé avec des variantes choisies. Les scientifiques adaptent le vaccin pour lutter contre le virus. Ce sera la même chose pour le covid-19. Un virus qui n’a pas dit son dernier mot et qui est là pour longtemps et, pourquoi ne pas l’avouer franchement, avec lequel nous devons apprendre à vivre. De toutes les façons, l’apparition du variant Omicron prouve, si besoin est, que nous ne sommes pas au bout de nos peines et de nos surprises.

Ce variant, d’après ce que l’on commence à conclure à son propos frappe en majorité ceux qui ont eu leur… troisième dose : Le variant Omicron d’après l’épidémiologiste Martin Blachier : «sélectionne les vaccinés. D’après des données danoises: 8% des triples vaccinés, 5,5% des doubles vaccinés, 1,2% des non vaccinés ». Voilà, on est averti. Même ceux qui ont eu leur troisième dose sont prévenus.

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