La plupart des écoles, des collèges et des lycées qui se trouvent dans les zones rurales sont dans un état de vétusté avancé. Ce qui décourage les élèves d’y aller et explique l’augmentation du taux de décrochage scolaire dans cette région.


Dans le gouvernorat de Kairouan, la situation générale de beaucoup d’établissements éducatifs laisse à désirer et décourage cadres administratifs, enseignants et élèves.

Outre les travaux de rénovation et d’extension qui durent depuis des mois dans des écoles primaires et qui perturbent le déroulement normal des cours, on constate que beaucoup d’entre elles, dont l’infrastructure est délabrée, souffrent de l’absence d’eau potable, de blocs sanitaires, de clôtures, de cantines, de gardiennage et d’ouvriers pour le nettoyage. On citerait notamment les écoles situées dans les zones montagneuses de Oueslatia, d’El Ala, de Nasrallah et de Haffouz. A titre d’exemple, les écoles d’Aouled Ayar, de Sidi Amara et d’Essarj sont situées dans des zones montagneuses difficiles d’accès. Elles n’ont ni électricité, ni clôtures, ni gardiens, ni ouvriers et manquent d’enseignants. Le taux d’absentéisme des instituteurs et des élèves y est élevé, sans oublier le taux important de décrochage scolaire. Au collège Kssar Ellamsa, il n’y a ni ouvriers, ni surveillants, ni gardiens et c’est le directeur qui se charge de tout. Quant au collège de Weslatia, 31 salles sont vétustes et leurs toits menacent de s’effondrer à tout moment. A l’école Aouled Issam (Haffouz), qui compte 170 élèves répartis sur trois salles de classe, l’encombrement fait craindre le pire. En effet, la nécessité et la pauvreté ne permettent pas aux parents d’acheter des masques de protection.

Et dans la délégation de Chebika à l’école Hammed, on note beaucoup d’absence d’élèves car les travaux de rénovation n’ont pas été achevés et les salles aux carreaux cassés sont envahies quotidiennement par les animaux, faute de clôtures et de gardiennage. En outre, les élèves de cette école, qui date de 1978 et qui compte 300 élèves, n’ont ni transport scolaire, ni toilettes, ni eau potable.

Même chose à l’école Ajabna de Nassrallah, où les parents organisent quotidiennement des mouvements de protestation, vu le danger que pourraient rencontrer leurs enfants en assistant à des cours dans des salles qui menacent ruine. D’autres écoles, dont Aouled Fadhloun à Sbikha, Graba et Erroukhi à El Ala et Essarja à Hajeb El Ayoun, souffrent des mêmes problèmes.

Au collège de Aïn Jaloula, il n’y a ni directeur ni surveillant général

Au collège de Aïn Jaloula, bien que la directrice soit en congé de maladie depuis plusieurs mois, elle n’a toujours pas été remplacée et c’est le surveillant général qui assure l’intérim, aidé dans cette fonction par un directeur qui gère, également, l’intérim d’un autre collège de la région. De ce fait, c’est l’anarchie dans le déroulement des cours. Il est donc urgent de nommer un directeur et un surveillant général au sein de cet établissement éducatif afin que les querelles quotidiennes entre les élèves et la violence verbale et physique cessent.

Une enseignante agressée par une parente d’élève

Dans beaucoup d’établissements scolaires du gouvernorat de Kairouan, on constate ces dernières années une montée de la violence, et ce, à cause de l’absence de dialogue avec les élèves (absence de communication avec le cadre éducatif, absence de programmes de promotion de la citoyenneté, addiction à certaines drogues et faible niveau culturel des parents).

A titre d’exemple, le 15 décembre dernier, une professeur de français exerçant au collège Abi Zamaâ El Balaoui a été agressée d’une manière très violente par une parente d’élève qui a mal digéré la note obtenue par sa fille au devoir de synthèse et n’eût été l’intervention de ses collègues, l’enseignante aurait pu passer à trépas. La direction régionale de l’Education a déposé plainte contre la parente d’élève. Choquée et traumatisée par cette agression violente et gratuite dont elle a fait l’objet, l’enseignante a été réconfortée le lendemain par l’ensemble des élèves et des enseignants qui lui ont offert des fleurs et lui ont écrit des messages de soutien et de réconfort. Notons que ces réactions virulentes de parents d’élèves qui contestent les notes obtenues par leurs enfants sont devenues très fréquentes. Il faut reconnaître que le niveau des élèves, surtout dans les langues, laisse à désirer. Chaque année, on compte des centaines de zéros en français et en anglais à l’examen du baccalauréat. Une professeur de français au lycée de Bouhajla raconte que beaucoup de ses élèves en 7e année ne connaissent même pas l’alphabet et se trompent même en écrivant leurs noms en français. C’est pourquoi ils ne cessent de lui demander de l’aide et des conseils qui pourraient améliorer leur niveau.

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