La femme comme l’homme connaît le succès dans les postes de responsabilité.

Une étude sur «les femmes dans les partis politiques», réalisée par le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif), avec l’appui de la fondation Friedrich Ebert, défend les droits des femmes. Cette étude a pour but de renforcer le rôle de la femme dans les partis politiques. Par ailleurs, le monde utilise souvent l’expression «exception tunisienne» quand il s’agit de droits des femmes. Nous invoquons le statut juridique dont elles bénéficient depuis l’Indépendance et qui leur donne un statut social que leur envient beaucoup de femmes dans le monde arabo-musulman.

Le code du statut personnel a ouvert la voie à un ensemble de réformes émancipatrices pour les Tunisiennes dont l’accès à l’instruction, au travail et à la maîtrise de leur fécondité.

La femme comme l’homme connaît le succès dans les postes de responsabilité. Souvent, elles réussissent mieux que les hommes. Elles sont capables de faire de la politique et de se présenter aux élections municipales, législatives et syndicales.

La participation politique des femmes n’est pas seulement une exigence du militantisme féministe, désireux d’imposer la contribution des femmes à la gestion collective d’une société dont elles constituent la moitié, mais l’une des conditions de l’instauration d’un régime démocratique sur des bases solides et non discriminatoires.

En partant des acquis juridiques de la femme tunisienne qui est une voie, parmi d’autres, il est important de s’assurer de la démocratisation de la vie politique à partir d’un aspect particulier, la présence des femmes dans les structures régionales des partis politiques mais également la représentation des régions dans les structures centrales des partis et du parlement.

Les partis politiques ont donc un rôle important à jouer dans le changement de l’équilibre entre les sexes : ils recrutent et forment les femmes aux postes décisionnels en les mettant sur les listes électorales.

Raoudha Mennai, gérante de société et membre du conseil national du parti Afek Tounes, un parti politique tunisien social-libéral fondé le 28 mars 2011, porte cette question du genre au sein de sa formation politique.

«Nous organisons un 3e congrès, au cours duquel, nous tiendrons les débats nécessaires pour nous concentrer sur les valeurs du centre et surtout autour d’un projet axé sur le pragmatisme et loin des carcans idéologiques. Notre objectif est de trouver les meilleures solutions pour le salut de la Tunisie.

Notre  parti politique est une organisation basée sur un groupe de personnes partageant des idées, des valeurs et une vision pour la société et qui ont décidé de s’engager pour prendre le pouvoir pacifiquement en vue de réaliser ce projet qui sera bénéfique pour le pays et la société», explique-t-elle.

Dans le même temps, lorsqu’elles ne sont pas au pouvoir, les femmes doivent agir au quotidien pour lutter contre les comportements et les idées qu’elles jugent néfastes et tentent d’éclairer l’opinion publique sur les divers dangers et problématiques.

Raoudha Mennai a expliqué également, que les différents types de partis, qui vont de la droite radicale jusqu’à la gauche radicale en passant par le centre, la droite et la gauche, sont des idéologies qui portent un projet, un idéal où l’utopie se mêle à un désir de pragmatisme alors que de nos jours les partis se veulent pragmatiques et rationnels.

«Pour moi, l’égalité des genres est indispensable pour un développement durable et équitable, il est impératif que les femmes prennent part aux rouages de tout avènement politique ou social pour renforcer les assises de l’évolution en marche», déclare-t-elle.

Pour elle, les femmes doivent être présentes dans toutes les sphères de la gouvernance, qu’elles soient politiques, économiques, sociales, publiques ou privées, c’est là où elles pourront participer aux débats publics au même titre que les hommes et peser sur les décisions qui déterminent leur avenir et le développement du pays.

Depuis 2011, la femme tunisienne s’est massivement mobilisée dans la vie politique, la participation des femmes dans les partis politiques est un droit garanti par plusieurs conventions internationales et par les lois nationales.

«Simplement nous aimerions les voir plus présentes au cours des différentes phases du cycle électoral au sein de parlement, du gouvernement et tous les postes de pouvoir, c’est comme ça que nous pourrons aborder les questions liées à l’égalité en général et aux droits des femmes spécialement et surtout jouer un rôle décisif dans le développement du pays», précise notre interlocutrice.

Au Rwanda, 56% des femmes détiennent des sièges au parlement, aujourd’hui, cette forte présence qui a commencé en 2004 a largement contribué à promouvoir l’égalité des genres au sein du Parlement, à créer des lois tenant compte des sexopécificités et à renforcer le contrôle du gouvernement en matière de parité des sexes, elles ont consolidé leurs poids dans la vie économique et sociale.

Egalité dans les affaires publiques et politiques

De son côté, Mme Najla Allani, directrice générale du Crédif, a confirmé ce qui précède en révélant que l’approche du Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Crédif) est une approche qui se veut globale et inclusive, notamment par rapport à deux thématiques prioritaires et connexes, à savoir : la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les affaires publiques et politiques, et dans la représentation dans les organes constitutionnels et gouvernementaux et la lutte contre toutes les formes discrimination et de violences à l’encontre des femmes et des petites filles.

Par ailleurs, le centre se mobilise afin d’éclairer les décideurs à travers les études, les recherches et les rapports, offrant une lecture analytique et déconstruisant le phénomène à travers notamment l’étude nationale sur les violences à l’encontre des femmes dans l’espace public.

Il s’agit également d’accompagner à travers des actions de renforcement de capacités dédiées à divers publics d’intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux, acteurs de la lutte contre la discrimination à l’encontre des femmes telles que les sessions de formation dédiées aux élues municipales, et ce, en matière de lutte contre les violences politiques et en faveur de l’accès des femmes aux postes de décision.

Pour déployer un plaidoyer contre les violences (au pluriel !) faites aux femmes, il faut réaliser des campagnes de sensibilisation numérique et de terrain appelant à l’éradication des discriminations dont la campagne numérique «la politique n’est pas qu’une affaire d’hommes». Une campagne qui s’appuie sur des visuels et témoignages de femmes politiques plaidant pour une participation égalitaire dans la gestion de la sphère publique et politique.

Selon le ministère de la Femme, de la Famille et des Séniors et la stratégie de production d’indicateurs sur les VFF (violences faites aux femmes), eu égard à sa position transversale, le ministère de la Femme, de la Famille et des Séniors (Mffs) occupe une position clé dans la lutte contre les violences faites aux femmes et la production d’indicateurs de mesure et de suivi de l’ancrage de ce fléau dans la société tunisienne. Paradoxalement, il existe peu de structures de collecte de données sur les VFF, rattachées à ce ministère dont deux structures auxquelles les femmes s’adressent lorsqu’elles sont victimes de violence, le centre d’hébergement El Amen et la ligne verte, sont caractérisées par un mode de fonctionnement clair et bien défini. S’y ajoutent les centres d’orientation ainsi que les délégations de protection de l’enfance auxquels sont adressées les filles victimes de violence, en particulier, celles âgées de 15 à 17 ans. Le centre d’hébergement El Amen est un centre public dont la gestion est assurée par l’AFTURD’ et est réservé aux femmes victimes de violences conjugales, d’une capacité de 30 femmes accompagnées de leurs enfants. Il peut, à ce titre, produire des données statistiques puisqu’il est opérationnel et que l’accueil y est assuré de manière méthodique.

De son côté, le ministère de la Justice met en place, dès à présent, un nouveau tableau intégrant toutes les variables de ventilation fixées.

A signaler aussi que l’application pour l’enregistrement des procès-verbaux de violences faites aux femmes du ministère de l’Intérieur est en cours de réalisation, et ce, conformément aux choix opérés lors des ateliers et aux recommandations du Crédif. Le ministère de Affaires sociales, qui, jusqu’à récemment, ne produisait aucune donnée sur les VFF, s’est déjà engagé dans le processus de collecte des données en mettant en place un tableau standardisé de recueil des données sur les violences faites aux femmes et aux filles.

Bien que le travail commence à donner ses fruits, il est loin d’être abouti ; car pour espérer obtenir des indicateurs fiables, il est impératif de disposer d’une base de données et d’un système de production d’indicateurs nécessitant le minimum d’interventions humaines.

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