Les réseaux sociaux, largement démocratisés dans notre pays depuis une dizaine d’années, deviennent un terreau fertile pour les fausses informations, et le terrain de jeu favori de ceux qui veulent propager des fake news.

L’objectif de ceux qui diffusent ces informations venimeuses est d’induire en erreur l’opinion nationale, soit par plaisir (ce qui est franchement tordu), soit à dessein (ce qui est quasiment criminel). Paradoxalement, les utilisateurs des réseaux sociaux, sans le savoir, deviennent eux aussi des vecteurs de propagation des fake news. Tout comme les porteurs d’un virus, ils diffusent, par leur interaction avec les autres internautes, ce mal qui peut avoir parfois des conséquences terribles.

En effet, en partageant la fausse information sans s’assurer de la source et sans faire les vérifications nécessaires  quant à sa véracité, on prend le risque de jouer le jeu de ces criminels d’un nouveau genre qui empoisonnent le débat public.

Manipulations

Pour se prémunir contre cela et agir en internaute responsable, il est d’abord très important de s’empêcher de partager sur les réseaux une information, si nous n’en sommes pas certains, et si nous n’avons pas le temps de la vérifier. Il ne faut pas oublier que deux simples gestes du pouce ou de l’index pour partager une information douteuse sur Facebook, par exemple, peuvent avoir des conséquences insoupçonnées. Prenons le cas des images, qui sont facilement manipulables. Il existe par exemple la décontextualisation des photos sur les réseaux sociaux. Alors qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Cela consiste à faire usage d’un certain nombre de photos anciennes, ou venues d’autres contrées, pour illustrer un événement local d’actualité. Ou, encore, publier une photo récente certes et en faisant une interprétation subjective sans la mettre dans son contexte. 

Souvenez-vous, en Tunisie, à chaque protestation (surtout nocturne), des protestations dans les régions, des vidéos et des photos datant parfois de 2013 sont publiées sur les réseaux sociaux pour dire que cela se passe maintenant. 

En outre, il y a ce que nous pouvons appeler les photos importées. Il s’agit justement de photos qui sont prises dans d’autres pays, parfois proches des nôtres, en faisant croire que cela se passe dans notre pays.

Quelques astuces

Lorsque vous avez un doute à propos d’une image, vous téléchargez en cliquant sur le bouton droit de votre souris et en sélectionnant “enregistrer l’image sous”. Une fois l’image enregistrée, vous allez sur google, vous tapez image, et là normalement vous avez le site google image qui apparaît en premier. Vous cliquez dessus. Et là, dans la barre de recherche de google vous allez trouvez l’icône d’un appareil photo. Vous cliquez dessus et là c’est simple, vous avez le choix entre copier coller le lien de l’image ou bien choisir l’image que vous auriez enregistrée auparavant sur votre bureau. Et hop ! vous allez avoir la liste des sites qui ont publié cette même image et en fonction de la date de publication, vous allez pouvoir remonter à l’origine de la photo, vérifier quand est-ce qu’elle a été publiée pour la première fois, par qui, où, etc.

Il faut cependant faire attention, car même si vous retrouvez la même photo avec le même titre dans plusieurs sites, cela ne veut pas forcément dire qu’elle n’a pas été manipulée. En fait, certains sites reprennent eux-mêmes, sans vérifier, les mêmes photos et informations. 

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