Les Tunisiens qui disposent d’une ligne téléphonique auprès des trois opérateurs de télécommunications en Tunisie peuvent accéder à la plateforme électronique de la consultation via un code confidentiel accordé après l’envoi d’un SMS. Il s’agit de composer le code *1712*, suivi du numéro de la carte d’identité nationale.


La plateforme électronique dédiée à la consultation nationale (https://www.e-istichara.tn ), annoncée par le Président de la République, Kaïs Saïed, est opérationnelle depuis hier 15 janvier à partir de minuit, et se poursuivra jusqu’au 20 mars, a annoncé, vendredi, Chaouki Chihi, DG au ministère des Technologies de la communication.

Dans une déclaration à l’agence TAP, il a ajouté que cette plateforme qui sera désormais accessible à tous les Tunisiens vise à recueillir les suggestions des citoyens concernant les réformes politiques, lesquelles (suggestions) seront par la suite soumises à un référendum populaire.

Développée par le Centre national de l’informatique(CNI), la consultation nationale comporte six axes se rapportant essentiellement à différents domaines; à savoir «la politique et les élections», «l’économique et le financier», «le développement et la transition numérique», «le social», «la santé» et «l’éducation et la culture».

Sachant que chaque axe comprend, également, des questions avec un espace de libre expression.

Le responsable a fait savoir que les Tunisiens qui disposent de lignes téléphoniques auprès des trois opérateurs de télécommunications en Tunisie peuvent accéder à la plateforme électronique de la consultation via un code confidentiel accordé après l’envoi d’un SMS. Il s’agit de composer le code *1712*, suivi du numéro de la carte d’identité nationale, a expliqué le responsable, précisant que cette démarche vise à garantir la participation individuelle et préserver la confidentialité de l’identité de chaque participant.

Un intervalle de temps, non encore fixé, sera attribué au cours duquel le participant répond aux questions posées et peut s’exprimer dans l’espace dédié à la libre expression.

Tunisiens à l’étranger

Pour les Tunisiens résidant à l’étranger, Chihi a souligné qu’un numéro de téléphone sera publié par le ministère des Technologies de la communication. Et d’ajouter qu’un communiqué donnera toutes les précisions sur leurs participations.

Evoquant la sécurité et la protection des données personnelles, le responsable a affirmé qu’un accord de partenariat a été signé, le 4 décembre 2021, entre le ministère des Technologies de la communication, le Centre national de l’informatique (CNI) et les opérateurs du réseau public de télécommunications. L’objectif est de déterminer les missions et les responsabilités de tous les intervenants au sujet de l’attribution d’un code secret pour pouvoir accéder à la plateforme électronique de la consultation nationale, à travers le numéro de service *1712* .

Par ailleurs, il a souligné que l’évaluation des opérations blanches de la consultation nationale lancées depuis le 1er janvier 2022 ont été clôturées vendredi.

La période d’évaluation de la plateforme de consultation nationale lancée depuis le 1er janvier 2022 a enregistré la participation de 890 personnes, dont 46,6% appartiennent à la tranche d’âge de plus de 40 ans.

En ce qui concerne la répartition géographique, le gouvernorat de Sousse a occupé la première place en termes de taux de participation, suivi par le gouvernorat de Nabeul (2e place), puis le gouvernorat de Sfax (troisième place), a fait savoir Chihi. Quant aux structures concernées par l’exploitation de la plateforme, il s’agit du ministère des Technologies de la communication, du Centre national de l’informatique en coopération avec le ministère de la Jeunesse et des Sports.

A rappeler que le Président de la République, Kaïs Saïed, avait annoncé, le 13 décembre 2021, l’organisation d’une consultation nationale via une plateforme pour réaliser des réformes constitutionnelles lesquelles seront soumises à un référendum le 25 juillet 2022.

Il avait ajouté, également, que de nouvelles élections législatives auront lieu le 17 décembre 2022 .

Des lacunes?

Les réactions à l’égard de cette consultation nationale ont varié. Des parties la considèrent comme un pas positif vers la fin de l’état d’exception, alors que d’autres l’ont virulemment critiquée.

Le sociologue Sami Nasr a estimé, lors d’un entretien accordé à l’agence TAP, que « revenir au peuple pour dire son mot est une mesure louable », notant toutefois que cette consultation vient remplacer un dialogue entre les acteurs politiques et sociaux en Tunisie.

Le sociologue a fait observer, après une lecture de la première version de la consultation, qu’il s’agit plus d’une étude sociologique que d’une consultation populaire. Cette étude inclut tous les domaines dont les problèmes continuent d’affliger les Tunisiens, a-t-il dit.

Il a regretté, en revanche, que la consultation ne soit pas renforcée par une stratégie de communication garantissant une participation massive des citoyens.

Il a également pointé des «lacunes académiques» qui pèsent sur la Consultation dont «des questions trop longues qui peuvent disperser la concentration des consultés».

S’agissant de la méthodologie des questions, le sociologue a estimé que certaines sont «vagues» et «manquent de précision.»

Il a ajouté que certains chapitres de la consultation, dont la technologie et la digitalisation, sont encore mal compris chez une vaste partie du peuple, dont le taux d’analphabétisme est élevé.

«Il était possible d’éviter ces lacunes en abordant les thèmes de la consultation dans les médias et en les expliquant aux citoyens», a-t-il dit.

En conclusion, Sami Nasr a affirmé que cette consultation ne peut en aucun cas remplacer le dialogue, estimant que les lacunes, notamment au niveau de la communication, pourraient peser lourdement sur les résultats et l’efficacité de cette étude.

La consultation nationale s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route annoncée le 13 décembre par le Président Kaïs Saïed pour sortir de l’état d’exception.

La feuille de route prévoit également l’organisation d’un référendum le 25 juillet 2022 sur les éventuels amendements constitutionnels ainsi que d’élections législatives le 17 décembre 2022.

Le ministre des Technologies de la communication, Nizar Ben Néji, a fait savoir que le lancement officiel de la consultation aura lieu le 15 janvier. Elle sera ouverte aux citoyens jusqu’au 20 mars prochain.

Ben Néji a souligné que la consultation comprend six chapitres principaux. Il s’agit des affaires électorales et politiques, sociales, économiques et financières, éducatives et culturelles, sanitaires et développement et transition digitale.

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Un commentaire

  1. Moktar Ben Hamouda

    14/03/2022 à 09:16

    Où sont nos pseudos amis ?

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