Clôture du projet d’inventaire, de répertoriage et de numérisation du patrimoine culturel immatériel, rattaché à l’équitation traditionnelle dans les zones de Kasserine, Le Kef, Gafsa, Manouba et Makthar, élaboré en partenariat avec Tfannen Tunisie Créative, l’association Al Adiyat, et l’Usic, avec la collaboration d’Altissimo Consulting.

L’Usic Syndicat interprofessionnel du cheval et son aile culturelle Al Adiyat, association de sauvegarde du patrimoine immatériel, œuvrent depuis leurs créations pour la préservation et la promotion du patrimoine équestre. Ces deux structures, aux activités complémentaires, se chargent de l’inventaire de cette mémoire en vue de la préservation de sa propriété intellectuelle et son inscription auprès de l’Unesco.

De 2014 à 2018, un programme quinquennal est lancé. Il a permis de sauver la sellerie traditionnelle de la disparition, relancer les festivals régionaux, organiser un spectacle au Colisée d’El Jem et dispenser 6 formations dans diverses spécialités.

Conçu par Trad Ben Gobrane avec le soutien de Mourad Sakly et Najla Chaar et avec le concours et le financement de Tfanen Tunisie Créative, fonds de la CEE géré par Britich Council, trois régions liées à ce patrimoine sont au cœur d’un programme d’inventaire de cet art : La Manouba, Le Kef et Kasserine. En 2020, grâce à ce projet, un pan entier de notre patrimoine est en voie de pérennisation. Ce qui était considéré comme menacé de disparition en 2013 est devenu un secteur survivant en 2020. Enfin, la préservation du droit de propriété intellectuelle de ce patrimoine est en cours de réalisation.

Ce projet, financé par Tfanen Tunisie Créative, consiste à effectuer l’inventaire des techniques et des savoirs traditionnels rattachés à l’équitation dans les régions de Kasserine, Gafsa-Nord, Makthar, Manouba, Kef. Les concepteurs du projet ont engagé des cavaliers universitaires en situation de chômage pour piloter ce projet et maîtriser les mécanismes de collecte selon la Convention de 2003 de l’Unesco. 120 fiches et 75 h d’enregistrements ont été réalisées. Cette iconographie a été incluse dans une base de données, dont l’adresse est www.cheval-tunisie.com

Bien que retardé à cause du mauvais temps, puis par la suspension de toute activité culturelle et sportive, le spectacle équestre Fourousyet, organisé par l’association Al-Adiyat,   supposé cloturer cette entreprise de longue haleine,  tend à  matérialiser l’ensemble du travail de formation réalisé pour préserver ce patrimoine et le transmettre aux générations futures. Il s’agit d’un spectacle documentaire qui sera le support du dossier d’inscription de ce patrimoine auprès de l’Unesco. Il sera également une fenêtre de l’histoire de notre patrimoine ancestral et une vitrine de nos acquis. Chaque région représentera les figures d’équitation traditionnelle selon la pratique ancienne en respect des traditions. Sous l’œil averti du chef de projet, des personnes ressources et des formateurs, les cavaliers dépositaires et juniors présenteront plusieurs figures spécifiques à leurs régions. Cinq tableaux et un show final ont été conçus représentant cinq régions de la Tunisie. Chaque tableau sera accompagné d’une narration relative à l’équitation pratiquée et la communauté connexe. Les musiques sont inspirées des chants patrimoniaux des régions impliquées. Les costumes, les harnachements respectent les traditions.

Le Pr Mohamed Tlili témoigne à ce propos : « Lorsque nous avons cherché à évaluer l’étendue du Regnum Numidae, la Numidie archaïque, nous avons eu recours aux indices archéologiques et épigraphiques qui caractérisaient l’ère historique de celle-ci. Tout récemment, nous avons ouvert ces champs d’investigation traditionnels à l’apport du patrimoine immatériel, tels que les mythes et les légendes. C’est dans cette perspective que nous estimons que les traditions équestres, en particulier, nous offrent l’un des meilleurs témoignages sur ces survivances ».

Durant le spectacle, plusieurs pratiques équestres seront présentées dont le «Minchef» : figure individuelle de cavalerie traditionnelle se déroulant sur un sprint de 200 m  où le cavalier fait une démonstration de prouesses équestres et de maîtrise d’une ou de plusieurs armes à feu associées à une épée. Et le M’Daouri : C’est une équitation ancestrale numide basée sur une complicité entre les cavaliers et leurs montures auxquelles ils apprenaient le coucher, l’attaque, la volte. C’est l’art équestre du M’Daouri, équitation spécifique à la Tunisie, contrairement au «Minchef» qui, lui, est pratiqué dans tout le Maghreb. Les différentes figures, telles Z’Garra, M’Ichliya, rappellent aussi les techniques d’affrontement en ville, en ruelles.

Le voyage du cheval n’est pas encore fini, ce projet vise le classement de ce patrimoine inestimable, mais l’aventure continue.

R.S.

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Un commentaire

  1. Ben Othman

    28/01/2022 à 05:27

    En tant que dresseur de chevaux et spécialiste de la discipline de dressage de haute école en Tunisie , Ce qui me désole dans cette équitation traditionnelle c est qu il n ont jamais essayé d améliorer la technique scientifique de dressage. La première chose qu il faut faire à ces cavaliers est de leur apprendre à utiliser des morts plus doux et de leur enlever les bâtons avec les quels il tromatisent leur chevaux. Merci

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