Réputée pour la richesse de son patrimoine, la Cité des Aghlabides continue à attirer les visiteurs locaux et étrangers.

Kairouan, cette ville emblématique, a toujours été un symbole multidimensionnel, un centre de rayonnement et un creuset de la culture qui a apporté une plus-value tout au long de l’histoire. C’est aussi une cité qui a grandement participé au tissage de la civilisation méditerranéenne sur tous les plans, notamment dans les domaines du savoir, de la science, des arts, de l’architecture, de la religion et d’autres secteurs. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986, Kairouan a été fondée au VIIe siècle par Okba Ibn Nafaa. La richesse de l’architecture de ses beaux monuments est un concentré des différentes civilisations qui se sont relayées en Tunisie. D’ailleurs, avec ses vieux souks, ses anciennes demeures, ses belles mosquées, et sa charmante médina, la cité aghlabide est un véritable musée islamique notamment avec ses sites qui constituent les vestiges les plus marquants de l’école kairouanaise qui a inspiré et servi de modèle aux édifices construits dans tout le bassin occidental pendant des siècles. D’où l’intérêt des visiteurs locaux et des touristes de différentes nationalités, impatients de découvrir la majestueuse mosquée Okba avec ses magnifiques colonnes de marbre à chapiteaux antiques et son admirable minaret, l’impressionnant bassin des Aghlabides avec ses moellons arrondis, la lumière du soleil illuminant les remparts et le charme des ruelles de la médina avec ses vieilles portes cloutées. Cela sans oublier les activités artisanales dominées par le cuivre et la tapisserie. En fait, Kairouan fait partie des villes qu’on aime dès la première rencontre. Le célèbre artiste Paul Klee l’a évoquée dans ses carnets de voyage et a merveilleusement peint ses souks, sa médina ainsi que le célèbre café «Arrak», édifié en 1914 (aujourd’hui fermé).

Malheureusement, la capacité d’accueil à Kairouan se limite à 961 lits au sein de 6 unités hôtelières, ce qui est très insuffisant au regard de l’affluence des visiteurs qui ne trouvent, parfois,  pas d’hôtel pour  passer la nuit.

Notons dans ce contexte que le commissariat régional au tourisme de Kairouan fait constamment des efforts et des campagnes de promotion afin de mieux valoriser la cité aghlabide sur le plan national et international, notamment en ce qui concerne les spécificités architecturales qui ont gardé les empreintes des siècles révolus.

Rakkada, un site touristique à valoriser

Lors de sa visite dans le gouvernorat de Kairouan, (les 17 et 18 octobre 2021), le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Moez Belhassine, a estimé que Rakkada (situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville) peut constituer un important site touristique capable d’attirer un grand nombre de visiteurs grâce à la richesse de son patrimoine culturel et écologique, notamment le site archéologique, les Palais des Princes, le musée national des arts islamiques et le club équestre. Il a ajouté que Rakkada et son riche patrimoine seront valorisés pour diversifier l’offre touristique dans la région de Kairouan. Ainsi, le département du tourisme coordonnera avec le commissariat régional au tourisme de Kairouan, l’INP, l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, les représentants des différentes fédérations professionnelles et les représentants de la société civile pour assurer la promotion du site Rakkada ainsi que la diversification du produit touristique dans cette région.

Rappelons, dans ce contexte, que le musée des arts islamiques de Rakkada abrite une des plus belles collections d’art arabo-musulman en Tunisie. Ainsi, parmi les salles qui attirent la curiosité des chercheurs, figure celle consacrée à des échantillons précieux de manuscrits anciens de la mosquée Okba et du Coran sur parchemin bleu, en écriture dorée et qui nous permet de suivre les techniques de dorure, d’enluminure et de reliure pendant trois siècles.

On peut également admirer de beaux feuillets de plusieurs corans légués à la Grande Mosquée par le souverain Ziride et certains membres de sa famille, tel le coran d’Al Muzz Ibn Badis, le coran de Fatima Al Hadhima, gouvernante de Badis qui date de 410 Hj. 1020 J.-C. et des princesse Um-Halal et Um-Allelu, respectivement tante et sœur d’Al Mu’izz. Par la diversité de la forme et l’élégance de l’écriture, ces corans illustrent, encore une fois, le degré d’évaluation et de prospérité  de cet art du manuscrit et du parchemin à Kairouan. 

Dans d’autres salles du musée, on peut admirer des spécimens de céramique kairouanaise, des objets en verre et en bronze, des carreaux de faïence et des lustres.

Malheureusement, ce riche musée des Arts islamiques de Raqqada est très peu visité par les touristes et même par les visiteurs locaux, à cause peut-être de l’éloignement du centre-ville et à cause de l’indifférence de certains quant à la nécessité de mieux faire connaître les trésors archéologiques de Kairouan.

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