Slim Kaâbi, manager du bureau Représentation, Assistance, Intermédiation (RAI) : «L’audace et la connaissance des codes d’investissement pour un meilleur développement économique»

Il n’échappe à personne que notre pays, comme tous les pays du monde, vit une période économique difficile. En effet, presque tous les secteurs socioéconomiques sont touchés, notamment ce qui concerne l’activité industrielle et économique. Le chômage, engendré au cours de cette période économique cruciale de la Tunisie, doit être au centre des préoccupations du pouvoir en place, et ce, à travers l’encouragement de la création d’entreprises industrielles innovantes. A ce sujet, nous avons rencontré Slim Kaâbi, manager du bureau Représentation, Assistance, Intermédiation (RAI), qui nous a indiqué que les lois, les fonds et la volonté de créer de nouvelles entreprises économiques ne manquent pas. Mais il s’agit de pallier le manque d’informations relatives aux modalités pour la création d’entreprises.

«La Tunisie connaît actuellement une saturation dans la fonction publique. Raison pour laquelle, le secteur privé reste la seule solution pour vaincre le chômage», nous a expliqué Slim Kaâbi. Il a ajouté que : «C’est le moment pour que l’initiative privée doit émerger de tout individu averti avec une volonté farouche. Mais encore faut-il remarquer que les pouvoirs publics sont appelés à informer, assister, guider les promoteurs de projet et les investisseurs».

Nécessité de créer la «maison de l’investisseur»

Comme les intervenants pour la création d’entreprises sont multiples et dispersés, il serait nécessaire de créer une nouvelle structure pour les rassembler et faciliter les contacts. «Cette nouvelle structure ne peut être que «la maison de l’investisseur» qui réunirait des représentants de tous les organismes ayant une relation avec l’investissement, dont les divers centres techniques sectoriels, le commissariat général au développement régional (Cgdr), l’Institut national de la statistique (INS), le Centre de promotion des exportations (Cepex), la Société nationale de garantie (Sotugar), la Compagnie tunisienne pour l’assurance du commerce extérieur (Cotunace), le Centre des dépôts et consignations (CDC), l’Association professionnelle des établissements bancaires et financiers, l’Organisme de médiation bancaire, le Centre national de l’arbitrage…».

Renforcer les campagnes et les séminaires de sensibilisation

En parallèle, des séminaires périodiques de sensibilisation devraient être organisés par la nouvelle structure, à savoir «la maison de l’investisseur», afin d’informer les promoteurs des procédures nécessaires se rapportant aux études technico-économiques, au financement et à l’exploitation des projets.

Pour Slim Kaâbi, le promoteur doit savoir que le financement d’un projet ne se limite pas aux crédits bancaires seulement, mais aussi au Fonds de promotion et de décentralisation industrielle (Foprodi) et aux sociétés d’investissement à capital risque (Sicars) qui peuvent parfaire le schéma de financement. «Une fois installé, le promoteur bénéficiera d’une prime non remboursable estimée de 15 à 30% du coût du projet selon le lieu d’implantation», a précisé Kaâbi. Il a poursuivi : «Un promoteur averti consulterait un centre technique à propos de toute nouvelle procédure de fabrication d’un article quelconque. Les centres techniques sectoriels sont au nombre de huit, à savoir le Centre du cuir et chaussures, l’industrie mécanique, les matériaux de construction, le textile, le bois et l’ameublement, l’agroalimentaire, la chimie et l’emballage. Tous ces centres disposent d’ateliers d’études perfectionnés dont les techniciens sont en rapport étroit avec leurs homologues étrangers».

L’exportation, meilleure garantie de la relance économique

Kaâbi a, par ailleurs, affirmé qu’un opérateur économique, ayant l’audace d’opter pour une productivité supérieure, trouvera en l’exportation la solution la plus adéquate pour l’expansion de son entreprise. D’ailleurs c’est pour cette raison que l’Etat a créé le Fonds de promotion des exportations (Foprodex) géré par le Centre de promotion des exportations (Cepex), afin d’aider tous les exportateurs pour les frais de transport et de participation aux manifestations internationales. «Il ne faut pas oublier de mentionner que l’exportateur peut créer un dépôt de marchandises à l’étranger afin de mieux approcher ses clients (décret publié au Jort du 2 mars 2007)», a-t-il rappelé. De même, les assurances ont un rôle important dans le secteur économique. Une vente à crédit en Tunisie ou à l’étranger peut être assurée par la Cotunace qui peut assurer une avance dans une lettre de crédit d’un client étranger (décret du 17 octobre 2019). De même, une vente à crédit peut être payée directement par une société tunisienne de Factoring. Pour conclure, Kaâbi a indiqué que l’audace, mêlée à la connaissance des codes d’investissement, permettrait le développement économique du pays. D’ailleurs, les pays sont classés en fonction de leurs réussites économiques dans le domaine de la création des nouvelles entreprises innovantes.

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