Les sujets de l’heure ? Ce qui retient le plus l’attention des Tunisiens ? Apparemment, encore la politique, plus précisément l’affrontement Kaïs Saïed et les adversaires du 25 juillet, l’ARP gelée, rebelle puis dissoute. La guerre d’Ukraine, aussi, pas tant ses péripéties armées, mais ses conséquences sur le gaz, le pétrole, sur le blé surtout. Sur les prix, en général. L’inflation est de 6 à 7% en Europe. A juger du seul coût du piment dans nos marchés («7 dinars et quelques !» dimanche) nous n’en sommes pas loin.

La politique en priorité, c’est ce que laissent, également, entendre nos télés, radios et journaux au quotidien .En clair, depuis quelque temps. En fait, voilà plus de huit mois.

Reste à savoir maintenant :si cela correspond à l’opinion actuelle, l’exacte réalité de la rue? Si ce n’est qu’exagération voulue, excès de communication ?

Franchement, le «doute» est permis. De plus en plus permis.

Il y a d’abord ce que gouvernants, élites ou médias négligent, voire dissimulent, à présent : le désintérêt manifeste du citoyen. La chose politique a pu (re)conquérir cœurs et esprits au lendemain de la révolution. On sortait d’une vile dictature et on s’engageait, unanimes, pour la liberté, la dignité et la démocratie. Ce qui a suivi a hélas tout mis à bas. Une décennie entière d’incompétence d’Etat, de mensonges, de corruptions, de régressions tous azimuts du pays. A quoi succède depuis le 25 juillet 2021 une période de mesures exceptionnelles, dites salvatrices, mais qui se complexifie et ajoute à l’imcompréhension et à la prise de distance générales.

La politique, la chose publique, à la vérité, à bien y voir autour de soi, le gros des citoyens s’en éloigne, aujourd’hui. Il y a insistance des gouvernants, des élites, des télés, des radios, des journaux, mais le bon peuple préfère concéder «un mot de chaque» plutôt. S’occuper de ce qui urge, de ce qui retient dans l’immédiat.

De Ramadan, en premier. Farine et semoule manquent toujours. Et pour «assurer» son lot de baguettes, il vaut mieux se lever tôt, le matin. Les prix volent par ailleurs. Ceux des aliments de base ; à quoi rime de s’inquiéter de validité de décrets et de conformité à la constitution.

Passion retrouvée, aussi, pour le football, spécialement pour l’équipe nationale qui vient de se qualifier pour le Mondial de Doha.

La musique soulève, à nouveau, débat. Les festivals approchent. Le tarab recule. Le rap et le mezoued s’emparent du terrain.

Palette diverse. C’est la réalité. «Un mot de chaque, plutôt». La politique, elle, se dirige droit vers l’abstention.

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