Le ministère des Affaires culturelles et la Commune de l’Ariana ont annoncé, lundi, le classement du Palais Ben Ayed, l’actuel siège de la municipalité, comme monument historique et archéologique protégé.


S’ajoutant aux Bassina arabes «El Battoum», aux aqueducs souterrains et romains de la Soukra et au Pont situé près de Protville, sur la route de Tunis à Bizerte, le Palais Ben Ayed, construit vers la fin du siècle dernier par Abderrahmane Ben Ayed (neveu de l’ancien ministre Mahmoud Ben Ayed), est considéré comme l’une des résidences contemporaines les plus typiques de l’époque. Son architecture moderne a été inspirée par les constructeurs italiens.

Riche d’une allée de cyprès conduisant au palais à travers une terrasse entourée de palmiers et ornée d’une pièce d’eau et d’un jardin planté d’orangers et d’autres arbres fruitiers, ce chef-lieu de l’époque beylicale fait rêver ses visiteurs pour les inciter à un voyage hors pair dans le temps. Il n’y a pas longtemps, le site menaçait ruine et le maire de la ville a, alors, lancé un cri d’alarme, disant: «Si nous ne nous empressons pas de changer de siège, le palais s’écroulera sur nos têtes». Mais il aurait prêché dans le désert. Car personne n’a prêté attention à ce qu’il disait. Aujourd’hui que le site est classé monument historique et archéologique protégé, responsables et institutions auxquels incombent la restauration et la préservation des trésors archéologiques et historiques du pays n’ont qu’à rompre avec une inertie qui a beaucoup nui à la marche d’un beau pays souvent trahi par ses propres enfants.

Préservation de la mémoire

et promotion du tourisme culturel

Avec ses importants monuments, la ville de l’Ariana peut donc rejoindre les vieilles villes de Tunis, Kairouan et Sousse entre autres, pour ainsi faire de la Tunisie une destination privilégiée, s’agissant de tourisme culturel.

D’autant que les spécificités archéologiques et civilisationnelles sont en mesure de faciliter la diversification de l’offre touristique tunisienne. Des idées et une bonne communication, la communication intelligente, celle qui se situe au carrefour de l’art et de l’information, c’est tout ce qu’il faut pour diversifier l’offre touristique tunisienne, en misant sur les richesses culturelles du pays.

Il n’y a pas longtemps, un ancien directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (Ontt) a fait remarquer que le tourisme culturel représente, de nos jours, un marché en pleine expansion, soulignant que le nombre de musées dans le monde est passé de 22.000 en 1975 à 55.000 aujourd’hui.

L’autonomie et la communication, des mots d’ordre

La Tunisie, qui compte 937 monuments historiques, 38 musées publics gérés par le ministère des Affaires culturelles, 27 musées publics gérés par d’autres ministères, environ 50 musées privés et 14 sites archéologiques ouverts au public, selon l’Institut national du patrimoine, semble incapable de drainer des voyageurs internationaux, avides de brassages culturels.

Si l’absence d’autonomie pour des musées, comme Le Bardo et Carthage, reste un handicap de taille, la communication et les campagnes de publicité vétustes et archaïques y sont pour beaucoup.

Le tourisme culturel a sa propre clientèle. D’où la nécessité d’adapter notre communication aux exigences d’une frange sociale qui se place au-dessus des gens adeptes du tourisme de masse. Mais n’a-t-on pas dit un jour que «les grandes réalisations sont précédées de belles idées» ?

Charger plus d'articles
Charger plus par Mohamed Hedi ABDELLAOUI
Charger plus dans Magazine La Presse

Laisser un commentaire