Les mines récemment découvertes au Mali pourraient faire bondir la production malienne de 50 tonnes en 2015 à plus de 60 en 2022.

1324, sur la  route du Pèlerinage à la Mecque, une procession de 60 000 hommes, 12 000 serviteurs et esclaves, suit religieusement l’auguste cortège de Kanga Moussa, Mansa (Roi des rois) de l’Empire du Mali. De sa main de Midas, il touche par sa grâce les populations rencontrées, dévaste, sur son passage, l’économie des pays traversés.

«L’homme le plus riche de tous les temps» était également à la tête d’un pays qui était un des plus grands producteurs d’or. Sept siècles plus tard, on se rue toujours sur l’or du Mali.

Occupant la 44e place en Afrique dans le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en 2015, sur le développement humain, le pays regorge de grandes richesses naturelles, dont l’or.

La nouvelle ruée vers le métal précieux a donc pour destination le troisième producteur en Afrique, après le Ghana et l’Afrique du Sud, avec une production de 50 tonnes d’or en 2015, dont 46 tonnes produites de manière industrielle et 4 tonnes extraites traditionnellement, selon des statistiques officielles. En 2017, la production malienne pourrait atteindre 60 tonnes, compte tenu de la découverte de nouvelles mines, d’après les prospectives des autorités maliennes.

Le Mali semble être, ainsi, en mesure de devenir le grenier d’or du continent noir et la région de Kayes, dans le sud-ouest du pays, reflète, à bien des égards, ce potentiel, vu que la plupart des grandes mines y ont été découvertes.

«Le Mali est devenu un pays minier. Il est le troisième producteur en Afrique et le onzième mondial. La région de Kayes en est la clef de voûte », affirme Alfouseini Sangaré, secrétaire général de l’ONG «Publiez ce que vous payez» (réseau international d’organisations de la société civile). Cette ONG est à l’origine d’un récent rapport sur les activités des sociétés minières au Mali.

Insistant sur la contribution de ce minerai précieux à l’économie nationale, la même source fait observer que «l’or représente plus de 25% des recettes fiscales, 70% des recettes générées par les exportations et 7% du PIB (Produit intérieur brut).

Les sociétés minières les plus en vue au Mali sont issues de l’Afrique du Sud (AngloGold Ashanti), de la Grande-Bretagne (Rangold), de l’Australie (Resolute Mining Limited) et du Canada (Iamgold).

Près de la frontière sénégalaise, la firme «Loulo», propriété du groupe anglais Randgold Ressources, est à l’œuvre depuis 2005. Selon ses prévisions, la mine qu’elle exploite continuera à produire jusqu’en 2029 avec une possibilité de découvrir d’autres gisements d’or, tel que le précise son permis d’exploitation. La société y a même installé un complexe industriel moderne.

Sur le terrain, des convoyeurs ramènent des sacs de minerais jusqu’à l’usine. Dévorés par de gros moulins, ces cailloux sont transformés en pâte, avant de finir dans des cuves bien gourmandes. Cette phase précède l’étape de l’extraction. «Nous utilisons deux techniques pour extraire l’or de ces minerais. La première technique est dite «gravimétrie» ; elle ressemble un peu à ce que font les orpailleurs traditionnels. C’est que l’on utilise de gros tamis pour cribler. Alors que la deuxième technique, dite «cyanuration», consiste à utiliser des produits chimiques. On introduit le cyanure, la chaux et l’oxygène pour dissoudre de l’or», explique Ibrahima Siby.

Cette usine a, ces dernières années, traité plus de 300 mille tonnes de minerais par mois et plus de 4 millions de tonnes par an. Au total, 630.627 onces d’or ont été vendues à hauteur de 724,2 millions de dollars.

Le Mali provoque, in fine, les convoitises des firmes internationales et attirent de plus en plus les requins du monde.

Et nous autres Tunisiens qu’a-t-on fait pour développer la coopération avec le Mali?

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