Un régal que ces deux semaines quasiment victorieuses passées avec Ons Jabeur sur les courts prestigieux de Madrid et de Rome en dépit de l’élimination précoce à Rolland Garros. Depuis 2020, Ons nous a un peu initiés à ces fières sorties parmi l’élite des tenniswomen. Mais que l’avant-goût finisse par un tel triomphe, par une telle envolée vers les cimes, cela, franchement, nous l’eûmes à peine cru.

Fût-ce un miracle ? A l’évidence, non. Il n’y a pas de miracle dans le sport de haut niveau.  Il y a des carrières qui se construisent à la force des bras. A travers un apprentissage de longue durée. Les Borg, Connors, Graf et autres Hingis et Williams ne devaient pas leur gloire à leur seul talent, mais encore et surtout à la transmission des écoles et des maîtres , et à l’ancrage et à la solidité d’une tradition.

Fût-ce une exception? Plutôt. Ons Jabeur aima le  tennis jeune, toute jeune, mais en Tunisie, le tennis ne fut jamais une école, ni une tradition. Son talent et sa formation, sa famille s’en chargea d’emblée et hors du pays. Nous tous, peuples et institutions sportives, nous  nous «attribuons » ses succès, aujourd’hui. La vérité est que ce n’est que réjouissance «occasionnelle»,  sincère, mais  à l’origine,  nous n’y sommes pour rien. La vérité (non admise) aussi  est  que ce parcours solitaire, en l’absence de tradition,  et d’institutions a retardé de quelques précieuses années  l’ascension de notre championne. Ons n’a pu faire face aux meilleures que sur ses 26 ans. A seulement 20, 21 ans, elle eut bénéficié du même talent inné et de l’énergie qui lui manque tantôt contre les moins douées, mais plus jeunes et plus résistantes Switecke, Sabalenka, Collins ou Badosa.

Simplement un régal, les prestations victorieuses de Jabeur aux masters 1000, de Madrid et de Rome ?

Allons donc, plus, beaucoup plus qu’un remède pour compenser nos erreurs, nos craintes  et nos douleurs du moment. Rien ne va plus, ou presque, en politique, ni encore dans le social et dans l’économie. Pis, tout cela affecte notre image dans le monde. Les drops magiques de Ons, ses exploits, ses résultats, le drapeau tunisien qui flotte sur les grands courts mondiaux, sa prononciation anglaise pure, son don parfait de la communication, ses passages fréquents auprès des plus grands médias internationaux nous valent, à ce jour, un important regain d’écoute et, sans doute encore, de respect.

Une exception, Ons Jabeur, championne rare, imprévue, comme le furent en leurs temps, Gammoudi et Mellouli, mais nous tous, aujourd’hui,le pays entier,  l’apprécions-nous à son juste apport ? Avons-nous idée de ce que nous lui devons ?

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