La crise du manuel scolaire n’aurait jamais eu lieu si on avait mis en place ou du moins amorcé la digitalisation.

On dit que « celui qui n’apprend pas de ses erreurs du passé est condamné à les commettre à l’avenir ». Et il semble que nous serons, de nouveau, confrontés à ces erreurs, manquement, imprévoyance ou autres agissements du même ordre dans les prochaines semaines, les mois ou années à venir. C’est à se demander à quoi servent les communiqués de presse, les informations qui paraissent dans les médias, les commentaires que l’on fait ici ou là pour soutenir un dossier ou tout simplement pour expliquer les raisons des problèmes qui se posent dans différents secteurs.Nous relevons de temps à autre des commentaires ubuesques provenant de soi disant spécialistes dans un  domaine donné et ils sont devenus si nombreux ces «experts» qui semblent n’être là que pour tout voir en noir.Il y a parfois des vérités, mais il y a souvent des exagérations qui ne reflètent que les positions politiques de ceux qui combattent tel ou tel camp.

Les manuels scolaires

Il n’en demeure pas moins que certains dossiers sont brûlants. Ils risquent de se représenter l’année prochaine à la même période. Celle de l’impression des manuels scolaires, par exemple.

A-t-on pris des dispositions pour que nous imprimions nos manuels chez nous ?Si oui, cela suppose que les différentes parties prenantes se sont réunies pour  remettre en marche l’usine de production de papier de Kasserine, en arrêt depuis près de trois ans pour une histoire de four acheté en Turquie et qui s’est avéré impropre à l’utilisation. Les milliards que nous perdons  méritent que l’on  se penche sur cette question.

L’usine de Kasserine, qui fait tourner l’économie de toute une région et «emploie 900 travailleurs directs, dont 150 cadres et qui contribue à l’essor de 6.000 emplois indirects, s’est retrouvée depuis 2008 en proie à des problèmes techniques et commerciaux, en cause de la vétusté de ses équipements et de ses unités de production».Mise en place en 1980, la Sncpa est issue de la fusion de deux sociétés qui constituaient le complexe industriel de Kasserine : la Société nationale tunisienne de cellulose, créée en 1956 afin de garantir l’extraction de la cellulose à partir de la plante d’alfa, et la Société tunisienne de papier alfa, créée en 1968 pour la fabrication de papier d’impression et d’écriture.La Sncpa est réputée pour ses rejets polluants, que ce soit dans l’air ou dans les cours d’eau : elle a été notamment épinglée à plusieurs reprises pour ses rejets de mercure, nocif pour la santé. Il y a donc des problèmes et indépendamment de la production du papier, c’est du sort de ces familles, de l’avenir  de toute cette industrie et enfin du devenir de l’environnement que l’on continuera à polluer.

A-t-on pris la décision d’examiner ce dossier ? Rien  n’a filtré et une fois l’orage passé, on n’a plus qu’à attendre la prochaine alerte et les excuses que l’on brandira pour calmer ceux qui sont lésés.

La digitalisation du système éducatif

En septembre… 2019 un communiqué de presse nous avait annoncé que «digitaliser le système éducatif est le méga-chantier auquel s’est attaqué le ministère de l’Education. Les efforts déployés commencent d’ailleurs à porter leurs fruits. La rentrée scolaire 2019-2020 ne sera pas comme les autres».

La crise du manuel scolaire n’aurait jamais eu lieu si on avait mis en place ou du moins amorcé  la  digitalisation. Mais le ministre qui poussait dans cette direction parti, on ne sait plus où en est cette question. C’est comme la promesse que l’élève n’aura plus que trois manuels dans son cartable !… Nous entendons parler de grèves et de sit-in, mais point de revalorisation et de reprise en main de notre système éducatif.

Tataouine : depuis deux ans  

A Tataouine une usine de production d’électricité à partir de l’énergie solaire et qui a coûté la bagatelle de 30 milliards, fin prête, et qui n’attend qu’un «index innocent» pour la faire démarrer, est à l’arrêt.

Pourquoi ? Comment peut-on se permettre un tel sacrilège alors que nos réserves s’épuisent, que nos devises risquent de ne plus suffire ? Personne ne vous répondra étant donné que ceux qui sont responsables de ce secteur semblent dormir du sommeil du juste ou tout bonnement intimidés par ceux qui ne tiennent pas que les choses changent. Combien a-t-on perdu d’emplois, de devises, d’expérience entretemps ?

Produits pour alimentation animale

C’était prévu, parce que tout simplement c’est cyclique. Il y a certes la guerre qui a lieu en Ukraine qui est venue se greffer sur ce dossier, mais avant et après Ramadan, il n’est plus question que de lait, d’œufs et de poulets. On a bien voulu, en prévision de l’Aïd,  nous annoncer que le kilo de mouton sera vendu à… 45 dinars ! On a, certes, rectifié, mais  celui qui a fait son cinéma a passé son message pour ameuter tous ceux qui sont prêts à pêcher en eau trouble.Quand  prendra-t-on en main ce dossier stratégique en imaginant la création d’un organisme qui mettra tout le monde d’accord ? De toutes les façons, le fait de libérer les prix de tous les intrants et de vouloir imposer un prix plafond à la vente est incompréhensible.

Les navires qui attendent d’être déchargés

Le problème que posent nos ports ne date pas d’aujourd’hui.  Il fut un temps où treize bateaux attendaient au large pour être déchargés.

«Malheureusement, les ports tunisiens sont devenus des ports de stockage et non des ports d’acheminement». C’est ce que pensent de nos ports nos partenaires étrangers. Et alors que nos voisins s’équipent, ils ont certes les moyens, nous perdons du terrain. C’est un gros dossier qui, en dépit de tous les communiqués et de toutes les réunions  et les promesses faites,  ne sera pas résolu tant que certaines parties concernées ne comprendraient pas qu’il y a de l’intérêt national de le résoudre une fois pour toutes.De toutes les façons et comme le dit le bon dicton : « Si je suis le seul à dire que j’ai raison et que tout le monde dit que j’ai tort, c’est que j’ai tort».

La situation actuelle n’est pas la bonne et rien ne vaut la concurrence et la rigueur.

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