Il ne suffit pas d’inviter des célébrités chez nous pour promouvoir la destination Tunisie. L’adage: il ne faut jamais préparer les nattes avant la mosquée. Avec une communication caduque, des infrastructures très en deçà des standards internationaux, des personnels peu qualifiés, une administration quasi inerte, des aéroports et ports qui ne sont pas dignes de leurs noms en l’an 2022, on ne peut aucunement cibler et drainer le haut de gamme des touristes internationaux avides de nouvelles découvertes.

De l’avis de plusieurs spécialistes du tourisme international et conformément aux pronostics de la célèbre prévisionniste hollandaise des modes et tendances futures, Lidewij Edelkoort, la crise sanitaire mondiale devra modifier en profondeur les esprits et les comportements. Le confinement dû à la crise sanitaire mondiale, qui aura provoqué une surconsommation du digital, suscitera un besoin de déconnexion et les voyages, qu’ils soient courts ou longs, risquent d’abonder durant les mois et années à venir. De Pékin à Rome ou encore de New York à Madrid, on se recentrera sur les valeurs intrinsèques de l’homme : vie sociale et interactions avec l’autre. Après la Covid, le tourisme repartira de plus belle. Mais qu’a-t-on préparé pour la phase post-covid, si ce n’est inertie et immobilisme en Tunisie ? En novembre 2019, lors d’un colloque organisé par l’Ontt, l’attaché de coopération à l’UE, Vladimir Rojanski, a présenté un programme d’appui à la diversification du tourisme, au développement de l’artisanat et à la valorisation du patrimoine culturel, baptisé «Tounes wejhatouna». Il a alors fait savoir que ce programme, financé à hauteur de 51 millions d’euros, s’articulera autour de trois grands axes, à savoir la diversification et le renforcement de la qualité de l’offre touristique, en collaboration avec la GIZ, le renforcement des chaînes de valeur dans les domaines de l’artisanat et du design et la valorisation du patrimoine culturel dans l’offre touristique. Or, on n’en a depuis plus entendu parler. Qu’en est-il aujourd’hui? La réponse est presque connue : que nenni !

Communiquer autrement…

Les spécificités archéologiques et civilisationnelles du pays sciemment véhiculées sur les réseaux sociaux, ces derniers temps, peuvent faire le printemps du tourisme tunisien. Sauf que les hommes cèdent à une marche suicidaire dès lors qu’ils s’ensablent dans des luttes intestines. Des idées pour ensuite mettre le cœur à l’ouvrage et une bonne communication, la communication intelligente, celle qui se situe au carrefour de l’art et de l’information, c’est tout ce qu’il faut pour promouvoir la destination Tunisie, en misant sur les richesses culturelles du pays.

Il n’y a pas longtemps, un ancien directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (Ontt) a fait remarquer que le tourisme culturel représente, de nos jours, un marché en pleine expansion, soulignant que le nombre de musées dans le monde est passé de 22.000 en 1975 à 55.000 aujourd’hui.La Tunisie, qui compte 937 monuments historiques, 38 musées publics gérés par le ministère des Affaires culturelles, 27 musées publics gérés par d’autres ministères, environ 50 musées privés et 14 sites archéologiques ouverts au public, selon l’Institut national du patrimoine, semble incapable de drainer des voyageurs internationaux avides de brassages culturels. Si l’absence d’autonomie pour les principaux sites historiques et culturels reste un handicap de taille, la communication et les campagnes de publicité vétustes et archaïques y sont également pour beaucoup. Le tourisme durable, le tourisme culturel  et le tourisme alternatif ciblant le haut de gamme ont leur propre clientèle. D’où la nécessité d’adapter notre communication au goût et aux exigences de ces touristes avides de nouvelles découvertes et d’offres peu ordinaires.

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Charger plus par Mohamed Hedi ABDELLAOUI
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