Le projet de réaménagement devrait être suivi d’ouvrages d’entretien et de maintenance, à même d’assurer sa durabilité et sa pérennisation.

Depuis neuf ans, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal) est à l’œuvre. Engins et techniciens sont en plein chantier, engagés dans l’exécution d’un programme de protection du littoral tunisien (Pplt), cofinancé, en guise de don, par le gouvernement allemand à raison de 75%, soit 30,5 millions d’euro. Le reste est assuré par l’Etat tunisien, via l’Apal.

Réalisé en deux phases sur une trentaine de kilomètres, ce Pplt avait, déjà, finalisé autant d’ouvrages contre l’érosion côtière à Kerkennah, à Rafraf, à Soliman-Hammam Chatt et à Sousse-nord. Cela s’inscrit dans le droit fil d’adaptation aux impacts des changements climatiques. Aussi, l’objectif spécifique est la réhabilitation écologique et économique de la zone côtière tunisienne, ainsi que sa valorisation pour la protéger contre l’érosion côtière. Et la protection du littoral au sud Kantaoui en fait également partie, où les travaux de réaménagement s’étendent sur trois kilomètres jusqu’à Hammam-Sousse. Une région touristique dont la plage avait perdu tout son éclat. Et pas mal d’autres sur nos côtes semblent de plus en plus dégradées, voire quasiment désertées.

Enrochement et rechargement

Mercredi dernier, dans la foulée de la Journée mondiale de l’environnement, l’Apal a organisé une visite médiatique sur le site du projet. A Kantaoui-sud, la 3e phase du Pplt, entamée en août dernier, est en cours de réalisation, avec des coûts globaux estimés à 20 millions de dinars tunisiens dont 60% sous forme d’un prêt allemand de 4,5 millions d’euros. En tenue professionnelle, Mohamed Ali Tourki, ingénieur principal à l’Apal, s’est posé en chef de projet, bien intégré dans une équipe homogène et dynamique.

Fin connaisseur, il nous en a bien parlé dans ses moindres détails. «Nos études de faisabilité, effectuées depuis 2016, avaient abouti que la meilleure solution de protection consiste, nécessairement, en des travaux d’enrochement et de rechargement», note-t-il. Soit, d’après lui, quatre composantes essentielles : «Construction de quatre brise-lames immergées, réorganisation et prolongement de deux épis existants sur une longueur cumulée de 200 m, cavalier de protection de 120 m, ainsi que rechargement artificiel de la plage en 320 mille m3 de sable».

Quand la région s’implique dans son projet !

Et d’ajouter que Kantaoui-sud était dotée, autrefois, d’une belle plage qui n’est plus, aujourd’hui, ce qu’elle était. Elle demeure érodée et grignotée sous l’effet du climat et des facteurs purement humains. «Et comme l’érosion côtière menace même les habitants sur les rivages, un tel Pplt est un recours incontournable. A Kantaoui-sud, on est actuellement à un taux d’avancement de 50%», souligne-t-il, annonçant que les travaux de rechargement de la plage reprendront d’ici début 2023, pour s’achever dans presque un an.

«En été 2024, la région retrouvera sa plage d’antan», a conclu M. Tourki, sur une note positive. Sauf que ce projet de réaménagement devrait être suivi d’ouvrages d’entretien et de maintenance, à même d’assurer sa durabilité et sa pérennisation. La lutte contre l’érosion côtière est une action de résilience et de résistance inscrite dans la durée. Un fait saillant : l’approche participative qui a marqué la réalisation concertée de différents projets liés au Pplt. L’implication des acteurs locaux avait, aussi, donné l’exemple.

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